Les coûts de la tournée annulée mardi par Patrick Bruel, accusé de violences sexuelles par des dizaines de femmes, devront être supportés par le chanteur, qui est aussi producteur de ses concerts.
Tous les billets achetés pour les concerts de Patrick Bruel seront « naturellement remboursés », a assuré Fanny Colin, l’avocate de l’artiste, mercredi sur LCI. En règle générale, l’argent des ventes est bloqué par les réseaux de billetteries, qui effectuent le remboursement des détenteurs de billets en cas d’annulation.
Un cas particulier
Généralement, les organisateurs d’événements ou sociétés de production prennent des assurances pour être remboursés des frais irrécupérables en cas d’annulation. Ces contrats protègent « dans certains cas d’annulation qui sont totalement indépendants de la volonté de l’organisateur » comme les attentats ou intempéries, illustre Eric Andula, directeur Sports & Événements chez WTW en France.
Dans certains cas, l’indisponibilité de l’artiste, pour cause d’accident ou de maladie notamment, est également couverte. Mais pour un artiste qui se déprogramme lui-même, « il n’y a pas d’assurance qui rentre en ligne de compte à ma connaissance », précise Laurent Cellot, directeur du pôle affinitaire, professions et risques spéciaux de Marsh France.
« Pas loin d’un million » d’euros
Damien Nougarède, producteur notamment de Chantal Goya et Gilbert Montagné, ajoute que Patrick Bruel risque de devoir payer « au mieux 50 % de la location et au pire la location de la salle en entier », selon les contrats.
A cela s’ajoutent d’importants coûts techniques et humains : musiciens, techniciens, matériel son et lumière, hôtels, tour bus ou encore le service de restauration dédié aux équipes. A environ un mois des premiers spectacles, tout ne sera pas remboursable. « Je ne pense pas que ça va lui coûter des millions, mais pas loin d’un million » d’euros au global, estime ce producteur.