Publié le
1 sept. 2026 à 18h30
On en sait désormais plus sur les raisons qui ont conduit à l’opération de démoustication qui s’est déroulée dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 août, sur une partie de la rue Grande, à Fontainebleau (Seine-et-Marne), pour éliminer les moustiques tigres. Selon l’Agence régionale de Santé (ARS) Île-de-France, c’est un cas de dengue (lire l’encadré ci-dessous) importé qui est à l’origine de cette intervention. « La personne concernée ne réside pas dans la commune, mais a fréquenté le secteur faisant l’objet de l’opération de démoustication durant sa période de virémie avec notion de piqûre », précise-t-on à l’ARS. Selon l’agence, il n’y a cependant pas d’aggravation de l’état de santé de la personne malade…
Un cas de dengue à l’origine de l’opération de démoustication à Fontainebleau
L’enquête entomologique réalisée a permis de confirmer la présence du moustique tigre dans les environs immédiats… « La réunion de ces éléments a conduit à la mise en œuvre des mesures de lutte antivectorielle prévues afin de prévenir tout risque de transmission locale du virus », poursuit-on à l’ARS. Depuis 2026 et la campagne de surveillance renforcée autour de l’espèce, Fontainebleau est désormais considérée comme colonisée par l’Aedes albopictus, tout comme d’autres communes des environs : Avon, Vulaines-sur-Seine, Moret-Loing-et-Orvanne, Montigny-sur-Loing, Champagne-sur-Seine et Thomery.
Ce qu’il faut savoir sur la dengue
Avec le chikungunya et zika, la dengue fait partie des maladies transmissibles par le moustique tigre : les arboviroses. « Lorsqu’un moustique tigre pique une personne infectée pendant sa phase de virémie, il peut ensuite transmettre l’agent pathogène à d’autres personnes lors de nouvelles piqûres », détaille l’ARS. Concernant la dengue l’agence détaille les principaux symptômes et risques : « Les symptômes apparaissent généralement entre 4 et 10 jours après la piqûre et peuvent inclure une forte fièvre, des douleurs musculaires ou articulaires, des maux de tête, une fatigue importante, des nausées voire des éruptions cutanées. Dans certains cas rares, la dengue peut évoluer vers une forme sévère appelée fièvre hémorragique, nécessitant une prise en charge médicale urgente. » En Île-de-France, les cas observés sont principalement des cas importés chez des voyageurs revenant de zones où le virus circule activement. À Fontainebleau, il s’agit d’ailleurs d’un cas importé. La démoustication est mise en place pour limiter le risque d’apparition de cas autochtones quand la présence d’une arbovirose est avérée dans un périmètre restreint avec présence du moustique tigre.
Son implantation dans tout le département est cependant inéluctable : près de 80 % de l’Île-de-France étant déjà colonisé… Mais les interventions de démoustications ne sont cependant pas systématiques et répondent uniquement à une question de santé publique… « Les démoustications ont pour objectif d’éviter les cas d’arboviroses autochtones, ce ne sont pas des démoustications de confort, insiste-t-on à l’ARS. Il s’agit d’interventions réalisées dans un cadre uniquement sanitaire. »
Deux conditions nécessaires pour une démoustication
Deux conditions doivent être réunies pour qu’une démoustication soit organisée : un cas avéré d’arbovirose (maladie virale transmise par la piqûre d’un arthropode piqueur, comme un moustique ou une tique) et la présence de moustiques tigres dans un rayon de 150 m autour de la zone où un cas a été identifié. « L’objectif est de réduire au maximum le risque de prolifération de la maladie par le moustique », détaille-t-on à l’ARS.
Sur des cas d’arboviroses autochtones, l’ARS indique que deux opérations de démoustication sont parfois nécessaires, mais il semble que cela ne soit pas le cas pour Fontainebleau. Par ailleurs, la pulvérisation d’un insecticide ne peut pas être systématique… Il est cependant autorisé par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). « Les opérations se font toujours de nuit pour minimiser l’impact sur les habitants, mais l’utilisation de ces produits n’est pas non plus anodine pour la flore et la faune », indique-t-on à l’ARS.

Cette opération a été menée à Fontainebleau, car deux conditions étaient réunies : le signalement d’un cas d’arbovirose et la présence du moustique tigre ©AdobeStock« La méthode la plus efficace… »
Quelques gestes simples peuvent permettre de limiter la prolifération du moustique tigre. L’ARS recommande par exemple de vider tous les récipients dans les jardins ou balcons, où de l’eau stagnante pourrait s’accumuler. « Le moustique tigre pond dans des contenants artificiels appelés gîtes anthropiques et quelques millimètres d’eau stagnante suffisent pour permettre le développement des larves, rappelle-t-on à l’ARS. La suppression des eaux stagnantes est la méthode la plus efficace pour limiter les gîtes de reproduction. »
En 2026, douze démoustications ont été diligentées par l’ARS en Ile-de-France et seulement deux en Seine-et-Marne : à Fontainebleau donc et Courtry dans le nord du département. Dans le département, 17 cas d’arboviroses importés ont été recensés : douze cas de dengue, cas de chikungunya et un cas de Zika.
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