La CFDT maintient la pression sur le constructeur automobile Stellantis. Après l’annonce, le 20 mai, d’un partenariat en vue de l’assemblage d’un véhicule du chinois Dongfeng au sein de l’usine de Rennes-la Janais, le syndicat enchaîne tracts et courriers pour obtenir des détails sur cette alliance inédite en France et s’inquiète des conséquences potentielles sur les salariés. « Jusqu’ici, la direction des ressources humaines du groupe nous maintient dans le flou. Elle essaie de rassurer en disant qu’il n’y a pas d’inquiétudes à avoir, qu’elle garde le contrôle en détenant 51 % du capital [de la coentreprise qui sera créée pour l’occasion]. Mais qui peut croire à un accord qui a été négocié dans l’ombre ? », brocarde Laurent Valy, le délégué syndical CFDT de l’usine de la Janais.

Pour se faire entendre, le syndicat majoritaire de l’usine a décidé de frapper plus fort en dépêchant sur place sa n° 1 nationale, Marylise Léon, ce mercredi 2 septembre. Après une rencontre avec les salariés, la secrétaire générale a pris la parole : oui, le partenariat avec Dongfeng est « une chance » pour l’avenir d’un site en surcapacité (85 000 voitures produites chaque année pour une capacité maximale de 140 000) et ses emplois (1 554 salariés en CDI-CDD et 600 intérimaires), mais « il ne doit pas se faire à n’importe quel prix ». « Il faut pouvoir s’assurer et avoir les garanties que cela ne se fait pas sur le dos des salariés, souligne la dirigeante. C’est notre responsabilité, en tant que syndicalistes, de nous assurer que les modalités de sauvegarde de l’emploi ne se fassent pas au détriment des droits sociaux. »

Marylise Léon, aux côtés de Laurent Valy, délégué syndical CFDT de l’usine Stellantis de la Janais.Marylise Léon, aux côtés de Laurent Valy, délégué syndical CFDT de l’usine Stellantis de la Janais. (Photo David Brunet/Le Mensuel de Rennes)Maintien des avantages

Alors que l’inquiétude monte chez les salariés, la CFDT réclame de « la transparence et un véritable dialogue social ». « Nous voulons des réponses claires sur le calendrier opérationnel, l’atelier concerné, les adaptations des outillages, les volumes de production, les garanties à long terme, l’avenir du C5 Aircross que l’on produit actuellement, la coentreprise… », liste Laurent Valy.

Au niveau de la production, d’ici quatre ans, 80 % des salariés du site seront en retraite. Nous avons donc besoin de visibilité sur les recrutements pour la pérennité de l’usine.

Sur le plan social, l’organisation syndicale demande le maintien des contrats de travail des salariés rennais au sein de Stellantis, sans pour autant fermer la porte à un transfert vers la coentreprise si l’ensemble des avantages sont maintenus. Avec le développement de la location-gérance chez Carrefour, « les salariés continuent de travailler dans un supermarché qui a la marque Carrefour, mais ils n’ont plus du tout les mêmes droits qu’avant », illustre Marylise Léon.

Des contrats pour les équipementiers et des embauches

La CFDT appelle aussi à la vigilance sur les questions de souveraineté (les robots installés pour construire la voiture Dongfeng seront-ils chinois ou européens ?), l’implication des équipementiers automobiles avec lesquels Stellantis travaille aujourd’hui et les embauches. « Au niveau de la production, d’ici quatre ans, 80 % des salariés du site seront en retraite, pointe Christine Virassamy, de la CFDT de la Janais. Nous avons donc besoin de visibilité sur les recrutements pour la pérennité de l’usine. »