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Vu depuis le guidon, la scène se joue en une fraction de seconde : une silhouette penchée vers la banquette, un bras qui pousse la portière, et soudain un obstacle d’acier qui surgit à hauteur de poitrine. J’ai eu le réflexe de me déporter, le cycliste qui suivait n’a pas eu ce quart de seconde d’avance. Ce genre de scène, on la croise partout, aux abords des écoles à la rentrée, sur les axes urbains chargés, le long des pistes cyclables collées au stationnement. Elle a un nom, un article de loi, et surtout des réflexes très simples qui suffisent à l’éviter.

Une portière qui s’ouvre, un cycliste au sol : le scénario que personne n’anticipe

Le phénomène est connu sous le nom de car dooring : un cycliste se retrouve au sol après l’ouverture soudaine d’une portière. Le scénario est toujours le même, et il est redoutable parce qu’il ne laisse aucune place à l’anticipation. Le cycliste roule à allure normale, longe une file de véhicules stationnés, et une portière s’ouvre. Deux options, toutes deux mauvaises : heurter la portière de plein fouet, ou tenter un écart sur la gauche, au risque de chuter ou de se faire renverser par la voiture qui arrive derrière. La difficulté, c’est que ce mouvement est invisible jusqu’à la dernière seconde, et qu’il concerne autant les vélos que les trottinettes ou même les piétons qui passent entre deux véhicules. La sortie précipitée devant l’école, le passager pressé qui saute de son siège, l’enfant qui pousse sa portière côté chaussée : autant de gestes du quotidien qui peuvent virer au drame.

Ce que dit vraiment l’article R417-7 sur l’ouverture des portières

Le Code de la route est limpide sur ce point. L’article R417-7 interdit à tout occupant d’un véhicule à l’arrêt ou en stationnement d’ouvrir une portière lorsque cette manœuvre constitue un danger pour lui-même ou pour les autres usagers. Le texte vise tout occupant, ce qui inclut le conducteur, le passager avant, ceux de l’arrière, et jusqu’aux enfants. L’infraction est une contravention de première classe, punie d’une amende de 11 euros, majorée à 33 euros en cas de retard de paiement. Mais la vraie sanction est ailleurs : côté assurance, la responsabilité est fixée à 100 % pour la personne qui a ouvert la portière, qu’elle soit conducteur ou passager. Et si la portière était déjà ouverte au moment du choc, l’automobiliste resté dans son véhicule est lui aussi considéré comme responsable, la porte constituant alors un obstacle et un danger sur la voie. Les cours d’appel sanctionnent volontiers le véhicule stationné dont la porte empiète sur la chaussée, en particulier le long des pistes cyclables, même si la balance peut se rééquilibrer si l’usager roulant a fait preuve d’une réelle légèreté.

Les bons réflexes à adopter avant de descendre de sa voiture

La bonne nouvelle, c’est qu’un geste suffit à éliminer presque tout le risque, et la sécurité routière a d’ailleurs communiqué sur un geste simple pour les automobilistes afin de protéger cyclistes, trottinettes et piétons des accidents de portière. Ce mouvement aide à balayer du regard la zone d’où peuvent surgir ces usagers. Quelques points réglementaires méritent d’être partagés en famille :

  • Rappeler aux enfants et aux passagers de ne jamais pousser leur portière si cette manœuvre constitue un danger.
  • Garder à l’esprit que la règle du Code de la route vise tous les occupants, sans exception.
  • Se souvenir que le cycliste ne peut pas anticiper l’ouverture soudaine d’une portière sur son trajet.
  • Prendre conscience que la responsabilité est de 100 % pour celui qui ouvre la portière sans regarder et provoque un accident.

Derrière un article du Code que peu de gens connaissent par cœur se cache finalement une évidence : une portière qui s’ouvre, ce n’est pas un geste anodin, c’est une manœuvre. La traiter comme telle suffit à éviter des accidents graves. Et l’essentiel à installer sur les sièges avec les passagers, petits ou grands, reste tout simplement d’adopter le geste recommandé par la sécurité routière.