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Il y a quelques jours, la NASA a lancé avec succès son tout nouvel observatoire astronomique, à savoir le télescope spatial Nancy Grace Roman. Au programme : percer les secrets de l’énergie sombre, étudier la matière noire et détecter de nombreuses exoplanètes. Quelles technologies ce nouveau télescope embarque t-il ?
En route vers le point de Lagrange L2
Comme le révèle un communiqué officiel, le télescope spatial Nancy Grace Roman (anciennement WFIRST) a décollé sans encombres le 30 août 2026, à bord d’une fusée Falcon Heavy de SpaceX. Celui-ci est actuellement en route vers son orbite finale au point de Lagrange L2, ce dernier se situant à une distance de 1,5 million de kilomètres de la Terre. Il s’agit là du tout nouvel observatoire astronomique phare de la NASA.
Le 21 aout, l’agence avait reçu le feu vert pour la préparation des dernières étapes avant le décollage. Les responsables de la mission avaient alors examiné le télescope, la fusée ainsi que les installations de lancement, avant de donner leurs accord pour la suite. La veille, les opérateurs avaient effectué une simulation complète des opérations prévues le jour J, incluant diverses étapes comme la mise sous tension du satellite et le remplissage de carburant, entre autres.
Quels sont les objectifs du télescope ?
Selon la NASA, l’objectif principal du télescope sera de percer les secrets de l’énergie sombre, via l’étude des supernovæ et des oscillations acoustiques baryoniques (BAO). Il s’agira également de cartographier la matière noire afin de mieux comprendre comment sa gravité influence la matière visible. Enfin, l’engin aura aussi pour but de recenser des milliers de nouvelles exoplanètes.
« Roman est sur le point de mener des relevés révolutionnaires qui auront un impact sur tous les domaines de l’astronomie. Nous réaliserons un recensement exceptionnel des planètes autour d’autres étoiles et pourrons confirmer les indices actuels qui suggèrent que notre modèle standard de l’univers est erroné, et ainsi nous mettre sur la voie de la découverte du modèle exact. », avait déclaré Julie McEnery, scientifique principale du projet lors d’une présentation en juillet 2026, des propos relayés par le média Space News.
Crédit : NASA
Des performances inédites
Précisons que le télescope Nancy Grace Roman bénéficie d’un champ de vision révolutionnaire. En effet, si son miroir primaire possède la même taille que celui de Hubble – soit 2,4 mètres de diamètre – sa technologie lui confère une puissance d’observation inédite. Dans les faits, chaque image capturée couvrira une zone cent fois plus vaste, avec une netteté équivalente. Le nouveau télescope sera également capable de cartographier le ciel mille fois plus vite que son prédécesseur.
L’engin embarque le Wide-Field Instrument (WFI), capable de mesurer la position et la forme de milliards de galaxies et de traquer des milliers de supernovæ. Citons également le Coronagraph Instrument (CGI), un outil de démonstration technologique conçu pour bloquer la lumière des étoiles. Autrement dit, il sera possible de photographier directement des exoplanètes habituellement masquées par l’éclat de leur soleil. Le nouveau télescope utilisera notamment la technique du micro-lentillage gravitationnel. Lorsqu’une étoile passe exactement devant une autre étoile plus éloignée, la gravité de l’étoile de premier plan agit telle une loupe et amplifie la lumière de l’étoile d’arrière-plan. Or, si l’étoile de premier plan possède une planète, celle-ci génère un petit sursaut de lumière supplémentaire bien distinct.
Enfin, les télescopes actuels comme Kepler ou le Transiting Exoplanet Survey Satellite (TESS) détectent surtout les planètes très proches de leur étoile. A l’inverse, le télescope Nancy Grace Roman sera capable de repérer des planètes situées très loin de leur soleil. Il pourra aussi détecter des planètes errantes, c’est à dire flottant dans l’espace, sans étoile.