La campagne électorale est terminée depuis plusieurs mois, mais les tensions sont restées vives. Un homme de 56 ans, chef de l’opposition municipale à Essegney, a été condamné mercredi à deux ans d’emprisonnement avec sursis pour des menaces de mort visant le maire de cette commune d’environ 750 habitants.
L’affaire a éclaté après l’envoi d’un SMS particulièrement violent adressé au maire Emmanuel Gaboraud. « Si mercredi soir tu n’as pas démissionné de ton poste de maire avec ton équipe de branleur (sic) on va s’occuper de ta femme et de ton gosse et ensuite toi on va te crever tu vas saigner », avait écrit lundi le prévenu depuis un téléphone prépayé.
Comment les enquêteurs l’ont-ils retrouvé ?
Les gendarmes ont rapidement remonté sa trace grâce aux caméras de vidéosurveillance du magasin où le téléphone avait été acheté. Interpellé mardi puis placé en garde à vue, l’homme a reconnu être l’auteur du SMS. Au cours de son audition, il a également admis avoir envoyé un précédent courrier menaçant en mai. Il y donnait au maire jusqu’à la fin du mois pour quitter ses fonctions, sous peine qu’« un grand malheur » frappe l’élu ou un membre de sa famille.
Le mis en cause avait conduit l’une des deux listes en lice lors des dernières élections municipales. Il avait été battu en mars avec 46,5 % des voix. Selon le procureur d’Épinal, Frédéric Nahon, le quinquagénaire a expliqué avoir « perdu pied ». Il a notamment invoqué le fait que la victime avait présenté une liste concurrente à la sienne lors des dernières municipales. L’homme a également évoqué un différend concernant l’attribution du bail d’un terrain de chasse. Ces explications n’ont pas empêché sa condamnation dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.
Reconnu coupable de menaces de mort sur un élu, il a écopé de deux ans de prison avec sursis et de 2.000 euros d’amende. La justice lui interdit également pendant trois ans d’entrer en contact avec Emmanuel Gaboraud et sa famille, de même que de se rendre à la mairie. Mardi soir, selon Vosges Matin, une quarantaine d’élus locaux et une vingtaine d’habitants s’étaient rassemblés pour apporter leur soutien au maire.