Depuis ce mardi 1ᵉʳ septembre, l’accès, l’inscription et l’emprunt de livres, bandes dessinées, CD, DVD, vinyles, partitions et jeux vidéo sont désormais totalement gratuits dans l’ensemble du réseau des médiathèques de Saint-Étienne.

Pour rappel, le réseau compte sept sites : Beaulieu, Carnot, la Cotonne, Solaure, Tarentaize, Terrenoire et Tréfilerie. Portée par la majorité de Régis Juanico, la mesure avait été annoncée lors du conseil municipal de juin.

Jusqu‘à présent réservée aux moins de 25 ans, aux étudiants et aux personnes non imposables, cette gratuité s’applique désormais à l’ensemble des usagers, quel que soit leur âge et y compris pour les habitants des communes voisines. Autre nouveauté marquante : la suppression définitive des pénalités financières en cas de retard de restitution des documents.

Pour la majorité municipale, qui mise sur une hausse de 20 à 30 % de la fréquentation, l’objectif est d’éliminer toute barrière financière. « La gratuité n’est pas une finalité en soi, c’est un moyen de garantir un accès égal à la culture pour tous », souligne l’adjointe aux arts et aux cultures, Laëtitia Valentin.

Le maire, Régis Juanico, défend un coût modeste pour la collectivité, estimé à 30 000 euros par an.

Un choix politique vivement contesté par l’opposition

Lors de son adoption le 29 juin dernier, la mesure avait suscité de vives tensions au conseil municipal. Si la majorité y voit une politique vertueuse (s’ajoutant aux gratuités temporaires des transports ou des piscines lors des récents pics de chaleur), l’opposition de droite et du Rassemblement national s’y était fermement opposée ou abstenue.

L’élu RN-UDR Alexandre Vidal s’était notamment indigné de voir la gratuité étendue aux non-Stéphanois. Pour Quentin Bataillon (Engagés pour Saint-Étienne), l’abandon des amendes de retard envoyait un « signal d’impunité », tandis que son collègue Lionel Boucher dénonçait une fuite en avant budgétaire dans une ville au taux de pauvreté de 30 % : « C’est très bien de tout rendre gratuit, mais à la fin, il faudra bien quelqu’un pour payer. Et ça va toucher ceux qui paient des impôts. »

Malgré ces réserves, le réseau municipal et ses 250 000 références ouvrent grand leurs portes gratuitement dès ce mardi 1er septembre. Une étape de plus dans la politique de gratuité voulue par la mairie, avant celle des transports de la Stas le samedi, dont l’entrée en vigueur aura lieu samedi 5 septembre.