Transport en commun en site propre

Une ligne de tram sur le pont Chaban, l’idée n’est pas nouvelle. On en trouve la trace dès la…

Transport en commun en site propre

Une ligne de tram sur le pont Chaban, l’idée n’est pas nouvelle. On en trouve la trace dès la fin des années 1990, longtemps avant la construction du pont, mis en service en 2013. En 1999, il y a vingt-sept ans, la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB, l’ancêtre de la Métropole) organise une concertation sur de nouveaux franchissements de la Garonne. Les documents prévoient d’entrée que les ouvrages futurs doivent accueillir « un TCSP ». Soit un transport en commun en site propre. Le tramway n’est pas nommé, mais plusieurs élus l’évoquent ouvertement.

En 2000, la CUB pose les bases du futur pont Chaban-Delmas dans son plan de déplacements urbains (PDU), en donnant « une priorité au tramway », selon un document de l’Agence d’urbanisme de la collectivité. Elle évoque quelques années plus tard « une liaison ferrée de type tramway […] pour mettre en lien la gare de Cenon Pont rouge avec le futur tram-train du Médoc et la ceinture ferroviaire ». En 2007, le conseil municipal de Bordeaux vote « un TCSP, bus ou tramway » entre Bacalan et Cenon. La construction du pont Chaban, que l’on appelle alors Bacalan-Bastide, démarre en 2009.

Un an plus tard, l’Association française de génie civil (AFGC) consacre une journée d’étude au chantier. Sont présents le chef de projet pour la CUB, le chef de chantier pour GTM-Vinci, le représentant de l’architecte Lavigne, père du pont. L’ouvrage est conçu pour une « prise en compte d’un TCSP de type tram-train », est-il expliqué. Le tablier levant qui pèse 2 500 tonnes peut non seulement encaisser la charge de deux rames de tramway qui se croisent, soit plus de 100 tonnes, mais aussi celle d’un tram-train, à plus de 210 tonnes (mais avec un renforcement de 5 %).

« Nous disons tramway »

En 2012, en plein chantier, le chef de projet CUB enfonce le clou dans une publication spécialisée en travaux publics : « L’ouvrage est dimensionné pour supporter un tramway ou un tram-train. » Un an plus tard, en réunion publique à la Bastide, les adjoints d’Alain Juppé en charge de l’urbanisme abondent : « Les études disent TCSP, nous disons tramway. » Il n’y a pas d’obstacle technique.

Si la liaison ne se fait pas, c’est parce que, peu à peu, la CUB devenue Métropole en 2015 se convainc qu’il faut arrêter l’extension du réseau de tram, déjà l’un des plus étendus de France. Mais comme parallèlement elle ne lance aucun transport en commun à gros débit, de type métro, elle finit par revenir au tram. En 2023, le bureau d’études Systra confirme ce qui se dit depuis deux décennies : on peut mettre un tram sur le pont Chaban, briser la dépendance au seul pont de pierre pour franchir la Garonne et créer des lignes qui ne passent pas forcément par l’étau du centre-ville.