Par

Guillaume Laurens

Publié le

3 sept. 2026 à 7h06

Et la palme 2026 de la hausse de la taxe foncière est attribuée à… Léguevin. Frôlant désormais le seuil symbolique de 10 000 habitants, cette ville de l’ouest de Toulouse est en effet la commune qui enregistre la plus forte augmentation de la taxe communale sur le foncier bâti parmi les 586 du département. Comment justifier une telle augmentation ? Et les nouveaux taux d’imposition à Léguevin sont-ils dans la norme par rapport aux autres communes ? Le maire (DVD) Étienne Cardeilhac-Pugens s’en explique aussi auprès d’Actu Toulouse.

Quasiment 20 % de hausse d’impôts à Léguevin

Après les petites communes de Lourde (à ne pas confondre avec la cité mariale éponyme, + 39,99 % en 2025) et de Gémil (+ 17,79 % en 2024), c’est donc une ville de bien plus grande importance qui récolte les lauriers du champion annuel des augmentations d’impôts en Haute-Garonne : avec une hausse de 19,98 %, Léguevin, 9 945 habitants, se hisse en effet sur la plus haute marche de ce podium peu envié.

À signaler toutefois que pour les autres taxes (foncier non bâti et taxe d’habitation sur les résidences secondaires), le taux reste inchangé à Léguevin.

Léguevin devance Saint-Orens et Lespinasse

Au total, 119 des 586 communes de Haute-Garonne ont décidé d’augmenter leur part de la taxe sur le foncier bâti en 2026 (contre quatre seulement qui ont choisi de le baisser), et parmi elles, seules cinq ont augmenté les impôts de plus de 10 %. Léguevin devance deux autres villes de l’agglomération de Toulouse : Saint-Orens-de-Gameville (+18,01 %, taux communal à 49,28 %) et Lespinasse (+ 17,32 %, taux communal à 40,65 %).

« Une distinction essentielle » à faire, insiste le maire

Comment expliquer une telle hausse à Léguevin ? « La publication des taux de fiscalité 2026 place effectivement Léguevin parmi les communes ayant connu la plus forte évolution cette année », reconnaît Étienne Cardeilhac-Pugens, interrogé par Actu Toulouse. « Mais être en haut du classement des hausses ne signifie pas être en haut du classement des taux. C’est une distinction essentielle ».

Où se situe Léguevin par rapport aux autres communes ?

Malgré cette hausse conséquente, la mairie de Léguevin n’est en effet pas la championne départementale de la fiscalité globale. Avec quasiment 20 % d’augmentation, le taux communal sur le foncier bâti y passe de 40,04 % en 2025 à 48,04 % en 2026, ce qui place la commune en 39e position (sur 586 donc) parmi celles à la fiscalité la plus élevée. En un an, Léguevin gagne plus d’une centaine de places dans ce classement dominé par plusieurs communes du Sicoval, le bonnet d’âne revenant encore et toujours à Castanet-Tolosan (61,90 %). À l’inverse, la commune à la plus faible fiscalité est Nénigan, dans le Comminges (22,90 %). Toulouse campe au milieu de classement (35,35 %), la moyenne du taux communal de la taxe sur le foncier bâti s’établissant dans le département, selon nos informations, à 35,12 %. 

Une augmentation plus forte encore… à cause des bases fiscales

À Léguevin, l’augmentation sera en réalité plus forte encore pour les contribuables, l’État ayant une nouvelle fois décidé d’augmenter ses bases fiscales, sur lesquelles s’applique l’imposition partout en France. Indexées sur les prix à la consommation, ces bases — qui fluctuent en fonction de la valeur des biens immobiliers — sont réétudiées chaque année. En 2026, celles de la taxe foncière augmentent encore de 0,8 %.

« Regarder l’ensemble de la trajectoire fiscale »

Étienne Cardeilhac-Pugens fait valoir que « depuis la suppression de la taxe d’habitation, la Ville de Léguevin a fait le choix de ne pas compenser cette perte d’autonomie fiscale par une augmentation équivalente de la taxe foncière, contrairement à de nombreuses collectivités ».

Avant la décision de 2026, le taux communal était ainsi de 40,04 % et la pression fiscale communale et intercommunale de 42,54 %, contre 50,72 % en moyenne dans le panel de communes comparables étudié par la Ville.

Étienne Cardeilhac-Pugens
Maire (DVD) de Léguevin

« Une hausse annuelle fait un classement. Un taux mesure une réalité », soutient le maire, qui insiste : « C’est bien l’ensemble de la trajectoire fiscale de Léguevin qu’il faut regarder ».

Des impôts plus élevés à Léguevin qu’à Toulouse

Pour comparer les impôts des Léguevinois à ceux des habitants alentours, il faut en effet additionner à la part communale la part intercommunale de la taxe foncière (bien qu’elle soit fortement plus faible partout). Dans l’agglo du Grand-Ouest Toulousain, dont fait partie Léguevin, cette part intercommunale est actuellement de 2,50 %, contre 13,20 % à Toulouse Métropole (stable dans les deux cas).

Pour un propriétaire d’un appartement ou d’une maison, la pression fiscale globale est aujourd’hui de 48,55 % à Toulouse, contre désormais 50,54 % à Léguevin. Cela signifie donc que les impôts sont plus élevés à Léguevin qu’à Toulouse, bien que les services publics y soient forcément moindres. La pression fiscale y est aussi plus forte que dans une très large majorité du département, mais elle reste inférieure à certaines communes alentours, comme Plaisance-du-Touch et La Salvetat-Saint-Gilles, également dans le Grand Ouest Toulousain (total fiscal respectivement de 56,24 % et 53 %)  et très largement en-deçà de certaines villes de l’agglo, notamment dans le Sicoval (total fiscal de 69,82 % à Ramonville et même de 72,83 % à Castanet !).

« Aujourd’hui, la réalité s’impose »

Quant à savoir pourquoi la municipalité de Léguevin a fait le choix d’augmenter les impôts, « aujourd’hui, la réalité s’impose à toutes les communes », défend Étienne Cardeilhac-Pugens, qui invoque plusieurs raisons : « Inflation, augmentation des cotisations retraites décidée par l’État, hausse des assurances et des charges contraintes, réduction de notre autonomie fiscale et progression du coût des services publics ».

Pour la seule CNRACL (Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, NDLR), trois points supplémentaires de cotisation ont notamment été intégrés aux prévisions 2026.

Étienne Cardeilhac-Pugens

Une forte pression démographique à Léguevin

Au final, l’édile dit avoir « fait un choix pragmatique » : celui de « rapprocher Léguevin des niveaux de fiscalité des communes comparables, non pas pour dépenser davantage, mais pour conserver des services publics de qualité et surtout financer l’avenir : nos écoles, nos équipements, notre patrimoine, la sécurité et les investissements nécessaires à une ville qui grandit ».

Portée par la forte dynamique démographique de la grande couronne toulousaine, Léguevin, qui ne comptait que 2 000 habitants en 1975, est aujourd’hui la 20e commune la plus peuplée de Haute-Garonne. Entre 2017 et 2023, selon l’Insee, la ville a connu une hausse de population de 1,3 % par an.

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