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«Où sont les preuves?» s’est exclamé mercredi Vladimir Poutine lorsqu’il a été interrogé sur les drones de Leipzig, qualifiant l’affaire montée de toutes pièces pour des motifs de politique intérieure allemande. Le chef de l’Etat russe s’exprimait depuis Bichkek, au Kirghizistan, où il assistait à un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai. Il a néanmoins souligné que les sites militaro-industriels occidentaux fournissant des armes à l’Ukraine étaient des «cibles légitimes» pour son armée. «Même en Grande-Bretagne?» lui a demandé le correspondant du service anglophone de la télévision russe d’Etat Russia Today. Ça, je ne peux pas vous le dire, lui a répondu avec un grand sourire le chef du Kremlin. «C’est un secret. Un secret militaire», a-t-il conclu.

Une façon de suggérer que la frontière entre une action «hybride» et une attaque en bonne et due forme peut être ténue et qu’il lui appartiendra à lui – et à lui seul – de la fixer. D’ailleurs à Moscou, c’est à cette lumière que de nombreux commentateurs ont vu la récente visite du patron de la CIA, John Ratcliffe. Une visite entourée d’un mystère persistant. Quelques heures seulement dans la capitale russe, pour «remettre les pendules à la bonne heure» entre les deux puissances nucléaires, croit savoir le politologue Sergueï Stankevich. Ou autrement dit, que les «sales coups ne dégénèrent pas en une guerre à grande échelle sur le continent européen», poursuit-il.