Plusieurs sites gouvernementaux liés au ministère de la Transition écologique sont inaccessibles depuis quelques heures. Un message de « maintenance en cours » est visible sur les sites. Une préfecture évoque un « incident informatique », dont l’origine reste floue, tandis qu’un pirate a revendiqué une cyberattaque. Le ministère de la Transition écologique a finalement confirmé qu’il s’agit bien d’une « attaque informatique sophistiquée ».

Mise à jour du 3 septembre 2026

Il s’agissait finalement bien d’une cyberattaque. Quelques heures après la revendication du hacker, le ministère de la Transition écologique a confirmé qu’une cyberattaque est à l’origine de la panne de ses sites web. Le communiqué lie même la panne à l’offensive survenue la semaine dernière à l’encontre d’un pôle ministériel.

« Le pôle ministériel a fait l’objet d’une attaque informatique sophistiquée la semaine dernière, ciblant des outils de messagerie. Dans ce cadre, des mesures particulières ont été prises pour faire face à l’attaque et renforcer la sécurité des systèmes d’information », explique le ministère à l’Agence France Presse.

Le ministère précise qu’un « signalement au parquet a été fait ». De son côté, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) indique ne pas rester les bras croisés. L’agence explique intervenir « actuellement au profit d’administrations du ministère de la transition écologique, suite à des suspicions de compromission de certains comptes utilisateurs et dans le cadre d’investigations ». L’Anssi ajoute que les pannes des sites sont liées aux mesures prises pour contenir la cyberattaque.

« Les investigations et mesures de remédiation mises en œuvre peuvent avoir pour effet l’interruption temporaire de certains services numériques », détaille l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information.

Interrogé par l’AFP, Ivan Candé, secrétaire général de la Fédération nationale de l’équipement et de l’environnement CGT (FNEE-CGT), évoque « de gros dysfonctionnements suite à une intrusion malveillante qui a entraîné l’interruption de certains services ».

Plusieurs sites internet gouvernementaux liés au ministère de la Transition écologique sont tombés en panne dans la journée du mercredi 2 septembre 2026. Le site des consultations publiques en matière d’environnement, qui permet aux citoyens de donner leur avis sur des projets d’arrêtés ou de décrets, ainsi que plusieurs sites d’administrations régionales, affichent un message similaire indiquant « Maintenance en cours ».

« Merci de réessayer plus tard, vous serez bientôt en mesure de réutiliser ce service », indique le message d’erreur.

À lire aussi : Fuites de données – Lecornu donne « quinze jours » à ses ministres pour riposter

Un incident au « ministère de la Transition écologique »

La préfecture de la Creuse a été la première à réagir publiquement. Dans un communiqué, elle évoque un « incident informatique survenu au ministère de la Transition écologique », sans donner davantage de précisions. Contacté par l’AFP, le ministère de la Transition écologique n’a pas donné davantage d’informations pour le moment.

De facto, la Direction départementale des territoires (DDT) et la Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP) de la Creuse, sont injoignables par mail. La préfecture invite donc le public à privilégier le téléphone en attendant un retour à la normale dans un avenir proche. Rien n’indique officiellement s’il s’agit d’une simple panne technique, d’un problème lié à un hébergeur, ou d’un incident de cybersécurité plus sérieux.

À ce stade, rien n’indique qu’il s’agisse d’une cyberattaque. Néanmoins, un hacker n’a pas tardé à revendiquer une cyberattaque sur un forum criminel. Il prétend avoir piraté les sites du ministère et volé des bases de données, comprenant des informations sur 8 166 utilisateurs, incluant des adresses e-mails, des numéros de téléphones, des matricules, des logins et diverses autres données professionnelles. En attendant une confirmation officielle, il vaut évidemment mieux prendre cette revendication avec des pincettes.

L’incident survient en tout cas dans un climat particulier en France. L’été a été marqué par le piratage de plusieurs entités gouvernementales, à commencer par les impôts. La Direction générale des Finances publiques a en effet été piratée à trois reprises, ce qui a abouti à la compromission des données de plus de 700 000 contribuables. Plus récemment, un pôle ministériel a été piraté, tandis que la Caisse des Dépôts et Consignations s’est retrouvé impliquée dans une vague d’arnaques.

Au même moment, le site de la Fédération Nationale Indépendante des Mutuelles, l’organisation chargée de représenter et de défendre les intérêts collectifs des mutuelles indépendantes de santé, a été piraté. Tous les noms de domaine affichent un message diffusé par des cybercriminels. On ignore si les deux événements sont liés, ou s’il s’agit d’un hasard. Les pirates à l’origine de l’attaque affirment avoir pu s’introduire dans le compte bancaire de la Fédération. La revendication doit encore être authentifiée et corroborée par les responsables.

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.