
Par Ibrahim Molough
Publié le 03 septembre à 09h07
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Le 4 août, un drone chargé d’explosifs a été découvert dans la zone sécurisée de l’aéroport de Leipzig, près d’avions-cargos ukrainiens. Berlin accuse désormais officiellement la Russie d’avoir tenté une attaque, dans un contexte de sabotages et d’opérations clandestines en Europe. Jim Nejman décrypte cette stratégie.
Le 4 août au soir, un drone chargé d’explosifs est découvert dans la zone sécurisée de l’aéroport de Leipzig, près d’avions-cargos ukrainiens. L’engin n’explose pas et l’attaque échoue.
Depuis, l’Allemagne affirme que les éléments matériels et les renseignements recueillis pointent vers des personnes ayant agi pour le compte de services russes. Moscou nie toute implication.
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Pour notre journaliste Jim Nejman, cette affaire dépasse le seul cas de Leipzig. Elle s’inscrit dans une méthode que Moscou est accusé d’utiliser depuis plusieurs années en Europe : sabotages, cyberattaques et opérations clandestines.
Des attaques difficiles à identifier
Le point commun entre ces opérations : elles perturbent et inquiètent sans ressembler à une attaque militaire classique. Cela rend aussi beaucoup plus difficile la décision sur la manière de riposter.
La Russie utiliserait parfois des « agents jetables », des exécutants de bas niveau souvent recrutés en ligne et payés pour une mission ponctuelle, sans être eux-mêmes des agents russes professionnels.
L’objectif serait notamment de perturber le soutien européen à l’Ukraine, en visant des infrastructures logistiques, mais aussi de déstabiliser les sociétés. « Accident ou attaque ? Et qui est derrière ? » : cette incertitude ferait elle-même partie de la stratégie. En clair, « la Russie nous teste : jusqu’où peut-elle aller avant de provoquer une réaction beaucoup plus forte ? »
Jusqu’où répondre ?
Malgré ces accusations, Berlin n’a pas invoqué formellement l’article 4 de l’OTAN, qui permet de demander des consultations entre alliés.
Cette retenue fait débat. Plusieurs anciens responsables allemands jugent la réponse trop faible pour réellement dissuader Moscou. L’Europe a néanmoins durci le ton. Kaja Kallas, vice-présidente de la Commission européenne, estime que l’attaque présente « toutes les caractéristiques d’un terrorisme soutenu par un État », tandis qu’Emmanuel Macron dénonce la « guerre hybride » menée par la Russie.
L’Allemagne ferme aussi le dernier consulat général russe encore ouvert dans le pays, durcit les contrôles d’entrée et veut accroître la pression sur la flotte fantôme russe. L’Union européenne travaille parallèlement à de nouvelles sanctions.
Mais le dilemme reste entier : « Réagir trop fort, c’est risquer l’escalade ; réagir trop peu, c’est laisser Moscou penser qu’elle a encore de la marge. », conclut notre journaliste.