Mohamed Zerrouki, 45 ans, et quatre autres accusés dont la mère de ses enfants, comparaissent depuis ce mercredi 2 septembre, et pour six jours au total, devant la cour d’assises spécialement composée de la Haute-Garonne. Soupçonné d’avoir occupé une place centrale dans le trafic de drogue du quartier des Izards, Zerrouki doit notamment répondre d’accusations liées à son patrimoine, à d’importantes sommes d’argent liquide et à des échanges sur des téléphones cryptés que l’accusation relie au narcotrafic. La Dépêche du Midi vous fait vivre les principaux temps forts de cette deuxième journée d’audience.

10h26.L’audience est suspendue

Après ces premières prises de parole, et la reconnaissance au moins partielle de leur implication dans le trafic de drogue par les principaux accusés, l’audience est suspendue. Elle reprendra à 14 heures avec l’audition des enquêteurs.

10h16. »Oui, j’ai fait des choses », admet Mohamed Zerrouki

Après un début de reconnaissance de son implication hier, la prise de parole de Mohamed Zerrouki, que la justice considère depuis longtemps comme « le boss » du trafic de drogue dans le quartier des Izards, au nord de Toulouse, admet à nouveau « avoir fait des choses ».

Mais cet homme, qui s’exprime calmement, « refuse le rôle que l’on m’attribue ». « Oui, j’ai fait des choses, répète l’accusé mais j’ai surtout rendu service à d’autres. Je ne suis pas le chef. Jamais je n’ai eu de terrain, jamais je n’ai gagné des fortunes. Je ne possède rien à l’étranger, pas de comptes bancaires, pas de biens immobiliers. Ce que j’ai fait, je le regrette. Pour ma femme, mes enfants… »

Interrogée juste avant, la compagne de Mohamed Zerrouki, moins tendue que lors de l’ouverture de l’audience mercredi, a répété devant la cour : « Je ne savais rien de ce que l’on me reproche. Je n’étais pas au courant et pas impliquée. »

10h11. »J’apportais les produits, l’argent… je faisais ce qu’on me demandait »

Hakim Boudejellah admet à son tour « son implication ». Celui que la justice considère comme « l’homme de confiance » de Mohamed Zerrouki explique « avoir apporté les produits, le cannabis, la cocaïne… Je récupérais de l’argent aussi ». « Je faisais ce que l’on me demandait », insiste ce père de famille qui serait arrivé à Toulouse en 2016 pour partager la vie de sa compagne, avec qui il s’était marié en Algérie, à l’ambassade de France. « J’ai gagné un peu d’argent, pour mon épouse, mes enfants », ajoute cet accusé à propos de « ses fonctions ».

09h48. »J’avais des contacts, je rendais service… »

La présidente commence à interroger les accusés « sur leur implication ». Badreddine Abbou admet son implication, « mais je ne comprends pas le rôle d’associé que l’on m’attribue dans la direction du trafic. Moi, j’avais des contacts et j’essayais de répondre favorablement à la demande. » La présidente voudrait plus de détails. L’accusé, « longtemps dans les voitures entre l’Allemagne et la France », ne tremble pas : « Mon rôle consistait à trouver de la cocaïne de qualité, et à un bon prix ». Il se montre moins précis sur les quantités.

09h23. »Rien de particulier », relance le docteur Trape

Nouvel expert avec un autre psychiatre habitué des juridictions criminelles. Le docteur Trape a d’abord rencontré Hakim Boudjellah qui a grandi en Algérie avant d’immigrer « lors d’un parcours compliqué » jusqu’à Toulouse. « Ici il a construit une famille, un foyer stable avec trois enfants et fait de vrais efforts d’insertion à travers différentes formations », souligne l’expert. L’avocat général Virginie Audebert s’inquiète de sa capacité à s’opposer. L’expert, en réponse également à Me Dupoux, avocate de l’accusé, évoque « un homme au caractère doux, pas dans le refus, ‘opposition ».

L’expert a examiné également Mohamed Zerrouki. Là encore « rien de particulier ». « Sa détention se passe plus ou moins bien mais sans suivi médicale particulier. Il n’y a d’ailleurs aucune trace de dépression. » Et sur interrogation de l’avocat du « boss », Me Battikh, l’expert évoque une capacité de réinsertion « favorable » notamment en s’appuyant sur sa famille, ses enfants.

09h13.L’audience débute par les experts

Le docteur Franck, psychiatre des hôpitaux et expert habitué des cours d’assises, est le premier à prendre la parole ce jeudi matin devant la cour d’assises réunie à Toulouse. Il a examiné le couple Zerrouki. Pas de pathologie particulière chez les membres de ce couple. La présidente Dominique Coquizart s’intéresse à la relation au sein du couple et questionne sur une éventuelle emprise. L’expert n’est pas convaincu, même s’il met en avant une relation « particulière ». « Cette femme n’a sans doute pas grand-chose à dire, ou à opposer, sur le fonctionnement de son couple et les exigences du père de ses enfants. »

07h51.Berline haut de gamme, villa attirent les soupçons

Entre berline haut de gamme, vêtements griffés et importantes sommes en liquide, le train de vie du couple a intrigué les enquêteurs. Leur maison de Buzet-sur-Tarn, revendue 552 000 euros, a particulièrement retenu leur attention. Mohamed Zerrouki affirme l’avoir construite avec des amis. Mais les travaux ont été estimés à plus de 250 000 euros, alors que le prêt bancaire ne dépassait pas 180 000 euros, dont 61 000 euros pour le terrain. Son emploi dans le Gers et ses gains aux jeux ne suffiraient pas davantage à expliquer ses ressources.

07h44.Les enquêteurs ont fouillé le train de vie de Zerrouki

À la tête du trafic, objet de leurs préoccupations, Mohamed Zerrouki. Ce père de famille âgé de 45 ans, sans casier judiciaire, souvent cité mais jamais ou presque poursuivi. Etait-il le « patron » du trafic de drogue du nord de Toulouse ? Faute d’éléments probants le mouillant alors dans le deal, les policiers ont fouillé son train de vie. Et découvert un certain nombre d’incohérences.

07h41. »Entre 12000 et 18000 euros de revenus quotidiens »

Les enquêteurs dits « financiers » du commissariat de Toulouse ont mené un travail patient et discret pour étudier les revenus, et les activités, de certaines figures du quartier nord de Toulouse. Une zone où depuis longtemps la drogue alimente une économie prospère. « Entre 12 000 et 18 000 euros de revenus quotidiens uniquement sur le trafic de cannabis », selon les investigations menées par l’instruction.

07h37.Zerrouki s’est dit « prêt à prendre ses responsabilités »

L’examen de la personnalités des quatre accusés – un cinquième est en fuite au Maroc depuis 5 ans – a eu lieu, mercredi 2 septembre, devant la cour d’assises de la Haute-Garonne.
Pas de surprise, excepté le pas en avant de Mohamed Zerrouki qui s’est dit prêt « à prendre ses responsabilités ». Ses amis Bouddejelah et Abbou se sont volontairement présentés comme des « relations » du « boss » des Izards. Sa compagne a, elle, réaffirmé ne rien savoir des activités de son mari.
Ces explications risquent d’être contrariés par les dépositions des enquêteurs de la police, programmées ce jeudi 3 septembre. Les débats se poursuivront ensuite la semaine prochaine.
Le verdict est attendu jeudi prochain. Les quatre accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité.