On a tous encore à l’esprit la spectaculaire vasque – genre de grosse montgolfière – qui illuminait chaque soir le ciel de Paris pendant les Jeux olympiques 2024. En octobre prochain, c’est dans l’azur toulonnais cette fois qu’un ballon captif, certes beaucoup plus discret, devrait s’élever.

Dans le cadre d’un exercice, La Marine nationale envisage en effet de déployer pendant quelques jours un ballon au-dessus de la base navale de Toulon. La Marine n’avait absolument pas prévu de communiquer sur le sujet, mais une indiscrétion est sortie dans le journal Le Marin. Contactée, la préfecture maritime de la Méditerranée à Toulon confirme, mais n’en révélera guère davantage. Tout au plus consent-elle à dire que le ballon en question sera utilisé pour la détection des drones.

Interrogé sur la menace drone vendredi dernier, le vice-amiral d’escadre Laurent Hermann, nouveau préfet maritime de la Méditerranée, nous avait répondu : « nous adaptons nos moyens, nos tactiques, nos postures en permanence afin d’essayer de garder un coup d’avance ».

Toujours selon le journal Le Marin, le ballon testé au mois d’octobre prochain est conçu et fabriqué par Aéro-Nautic Services & Engineering (A-NSE), une société basée à La Ciotat. En décembre 2024, lorsque nous avions visité les installations d’A-NSE, Baptiste Regas, son président, nous avait affirmé : « Pour surveiller quelque chose de fixe, on ne fait pas mieux que le ballon captif ».

En mars 2025, la Marine nationale avait déjà testé, depuis le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre, un ballon captif de la société A-NSE à l’occasion de l’exercice Dragoon Fury.

En mars 2025, la Marine nationale avait déjà testé, depuis le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre, un ballon captif de la société A-NSE à l’occasion de l’exercice Dragoon Fury.
Marine nationale / Défense

Capables d’amener une charge utile de 300 kg (on peut imaginer des caméras infrarouges, des radars, des brouilleurs, des technologies d’intelligence artificielle) à 1 500 m d’altitude, et ce pendant quarante jours, les aérostats ciotadens ont déjà séduit l’armée allemande, l’agence européenne de gardes-frontières (Frontex), la Mission de maintien de la paix des Nations Unies au Mali, ou encore les marins-pompiers de Marseille.

L’armée de l’air aussi

L’armée française n’est pas en reste. On se souvient que la Marine nationale avait déjà eu recours à un ballon d’A-NSE depuis le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre. C’était en mars 2025, au large de Toulon, lors de l’exercice Dragoon Fury.

Depuis le 31 août dernier, l’armée de l’air et de l’espace expérimente également un ballon captif sur la base aérienne 113 de Saint-Dizier. Là encore il s’agit de tester de nouvelles capacités de détection et de lutte contre les drones peut-on lire sur la page Facebook de la BA 113.