Lyon veut se relancer après trois saisons dans le ventre mou, avec Clermont comme premier adversaire (samedi, 19 heures). Avec la règle des huit changements, Karim Ghezal espère que ses hommes vont hausser le curseur dans les fins de match.
Karim, que vous a appris cette rencontre face au Leinster avant d’affronter Clermont pour ouvrir votre saison ?
Cela nous a permis déjà d’avoir nos repères dans notre stade, de retrouver nos supporters, nos abonnés, nos bénévoles. Donc c’était plutôt une forme de galop d’essai. Et puis là, on va se retrouver à balle réelle contre Clermont sur un match de début de championnat où on part sur 30 matchs de compétition. Donc on est à la fois impatients et puis on a bien travaillé pour. C’est ce qu’on aime, arriver au match qui compte le samedi. On est très content de l’opposition du Leinster, avec une équipe qui nous a poussés dans nos retranchements, qui nous a poussés à aller dans les vingt dernières minutes et basculer le match pour nous. S’adapter aussi, parce qu’on a eu un peu de casse en début de match (NDLR : Sam Simmonds et Liam Allen se sont blessés). Et puis on a vécu des choses qu’on va retrouver tout au long de l’année, avec des matchs qui vont basculer dans les vingt dernières minutes, avec ces fameux huit changements au lieu de douze, avec des fortes chaleurs qui sont là depuis quelques temps et qui vont être là samedi. Donc il faudra une équipe qui va devoir être structurée comme on y travaille depuis huit semaines, mais aussi capable de s’adapter à tous les scénarios possibles qui peuvent arriver.
C’est-à-dire ?
Ce que j’ai fait avec les joueurs à la fin de l’entraînement, c’est de préparer un scénario avec un joueur qui ne joue pas à son poste. J’ai fini avec des joueurs qui n’étaient pas à leur poste, des scénarios différents pour un peu nous perturber, mais arriver à vite se reconnecter sur un objectif commun. Car je pense que dans les vingt dernières minutes, il y aura pas mal de chaos, pas mal d’essais, et il va y avoir aussi des scénarios qu’on n’aura pas prévus. C’est un vrai thème cette année, les vingt dernières minutes des matchs. Parce qu’on a eu beaucoup de scénarios en fin de la saison dernière et depuis deux saisons au Lou où les vingt dernières minutes, elles n’ont pas toujours basculé. Ce n’est pas forcément un problème physique. On est plutôt bien physiquement. C’est des fois un problème mental. Je prends l’exemple de Clermont, l’année dernière à Clermont, on mène à la mi-temps 16-10, je fais faire entrer six joueurs frais et on prend trente points en quinze minutes. Donc il n’y a rien à voir avec l’état physique des joueurs, c’est surtout l’état mental, être capable de rebasculer en début de deuxième mi-temps ou en fin de match et de faire basculer la décision.

Top 14 – Lors de leur dernier match face à l’ASM, les Lyonnais s’étaient fait bousculé en deuxième mi-temps.
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Ce premier match à domicile est l’occasion de, déjà, marquer votre territoire…
Oui mais tous les matchs sont importants. En fait, le Top 14 ne marche plus avec les matchs à domicile. Si vous avez regardé la saison dernière, sur les équipes qui ne gagnent que leurs matchs à la maison, il n’y en a eu qu’une : Pau. Et les équipes qui ne gagnent pas à l’extérieur, il n’y en a quasiment pas eu. On a cinq points en jeu samedi. On a juste l’avantage de jouer chez nous, dans notre stade, qui a cent ans d’histoire, devant nos supporters, nos familles, nos salariés, nos proches. Ça reste un plus pour nous. On rentre à fond dans ce Top 14, mais quand vous voyez toutes les équipes qu’il y a, il n’y a pas un match qui ne soit pas de gala aujourd’hui. Et pour nous aussi, de vivre ces matchs-là, c’est ce qu’il y a de mieux. Donc on est très contents. On a eu ce galop d’essai contre le Leinster, même si ce n’était pas leur équipe avec tous leurs grands joueurs, on a eu la chance de s’entraîner avec eux le matin aussi et de voir que, chez des grands joueurs et des grands coachs comme ils ont, souvent, c’est quand ils font des choses simples que ça marche. Et c’était plutôt un bon signal aussi que j’ai voulu envoyer aux joueurs et au staff.
Quel est le mot d’ordre de la saison ?
Il faut toujours raconter une histoire. Moi, en tant que manager, j’ai un thème global, avec une phrase simple : attaquer et défendre dans le camp adverse. Ce n’est pas être chez nous, c’est conquérir le camp adverse. Donc c’est à la fois jouer avec le ballon dans le camp adverse, mais aussi défendre le plus haut possible. Et on voit que c’est ce qui nous permet aujourd’hui de gagner des matchs.