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Clémence Pays

Publié le

3 sept. 2026 à 15h50

L’annonce officielle est tombée mercredi 20 mai 2026, après des semaines de suspicion. Stellantis a annoncé son souhait de créer une coentreprise européenne avec le constructeur chinois Dongfeng, à Chartres-de-Bretagne, sur le site de La Janais.

Mais depuis, les salariés n’en savent pas beaucoup plus sur la forme que doit prendre cette nouvelle organisation.

Diversifier l’activité du site

« L’usine Stellantis de Rennes-La Janais est à un tournant de son histoire », lance Laurent Valy, secrétaire général CFDT Métallurgie Cœur Bretagne.

Lors d’une conférence de presse, mercredi 2 septembre 2026, en présence de Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, le représentant syndical a rappelé l’importance pour l’usine rennaise de diversifier sa production.

En effet, à Chartres-de-Bretagne, seul le C5 Aircross est produit. Si les ventes sont plutôt bonnes, les 85 000 véhicules qui sortent de La Janais chaque année ne suffisent pas à garantir la pérennité de l’usine, dont la capacité maximale est de 140 000 véhicules par an.

Produire un véhicule à Rennes pour le constructeur chinois semble donc une bonne idée pour la CFDT.

« C’est un grand oui pour Dongfeng, mais pas à n’importe quel prix », précise Laurent Valy.

Des transferts de contrats dans les tuyaux ?

« Depuis le 20 mai, la direction nous maintient dans le flou, poursuit-il. C’est un accord négocié dans l’ombre. Nous sommes convaincus que la direction est en train d’organiser le transfert de nos contrats. »

En clair, le personnel rennais ne serait plus employé par Stellantis Auto SAS, mais par la nouvelle coentreprise. « On sera donc obligé de renégocier nos contrats et nos avantages », craint la CFDT.

De son côté, Christine Virassamy, déléguée syndicale CFDT Stellantis Rennes-La Janais pointe du doigt un risque pour la souveraineté de l’usine.

« On craint l’installation de robots chinois » pour la fabrication du véhicule Dongfeng.

« Il y aurait donc un risque de dépendance au niveau de la maintenance et donc une perte d’autonomie, en particulier pour les emplois qualifiés. »

Les sous-traitants dans le doute

Les salariés de Stellantis ne sont pas les seuls à s’inquiéter pour leur avenir. Les emplois des salariés des sous-traitants Motherson et Talendis sont aussi menacés.

« Notre avenir est directement lié à celui de Stellantis », glisse un salarié de Talendis. Pour mémoire, l’association fournisseur de services industriels et numériques sort à peine la tête de l’eau, après quinze mois de redressement judiciaire.

Son activité dépend fortement du secteur automobile et donc de Stellantis.

« Pour nous, c’est encore pire. Stellantis est notre seul client et on ne sait pas si le marché nous sera attribué [une fois la coentreprise créée, N.D.L.R.] », confie un employé de Motherson.

En résumé, « ce partenariat est une chance s’il y a bien le maintien des emplois et de la souveraineté », enjoint Laurent Valy.

Le secrétaire général CFDT Métallurgie Cœur Bretagne l’assure : « L’avenir de Stellantis Rennes-La Janais ne se décidera pas sans les salariés et la CFDT. »

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