« C’est une histoire qui promet d’être sympa. » Des mots simples, qui résument toute l’ambition de Jean-Louis Le Roux, directeur des réseaux internationaux chez Orange, pour l’entreprise bretonne Obvios, que le groupe a repris le 1er août à la barre du tribunal de commerce de Rennes. « C’est une fierté de reprendre cette pépite qui n’a pas encore trouvé son marché. Il y a une opportunité pour la relancer, l’industrialiser et utiliser la puissance commerciale d’Orange pour la développer. »
L’histoire d’Obvios, installée entre Rennes et Lannion, n’a pas été un long fleuve tranquille. Lancée en 2023, cette émanation de l’institut de recherche B-Com a été créée pour commercialiser une technologie innovante permettant de déployer rapidement et n’importe où des réseaux de communication de 5G privés ultra-sécurisés. Un marché encore naissant, où la société a vie été confrontée à des niveaux de ventes ne permettant pas de couvrir ses dépenses. Pendant trois exercices, B-Com a bouché les trous, avant de finir par demander le placement de sa filiale en procédure de sauvegarde en avril puis en redressement judiciaire en juin.
La défense dans le viseur
C’est dans ce cadre qu’Orange s’est positionné et a été retenu pour reprendre la technologie d’Obvios ainsi que 18 des 42 salariés en poste au moment du placement en redressement. « Nous avons intégré sept experts à Lannion et 11 à Rennes », indique Jean-Louis Le Roux, qui précise que 16 salariés non repris (RH, finances…) ont la priorité, pendant un an, sur des postes correspondant à leurs compétences au sein du groupe Orange.
Pour la suite, le géant des télécoms se laisse six mois pour intégrer le produit d’Obvios à son catalogue et partir à la conquête de nouveaux clients. Du fait du degré de sécurité de la solution, les acteurs de la défense, l’un des piliers du plan stratégique d’Orange à l’horizon 2030, seront visés en priorité, mais aussi les infrastructures critiques (ports, aéroports, sites industriels, centrales nucléaires…). Et Jean-Louis Le Roux de préciser : « Nous avons l’ambition d’aller voir d’autres pays en Europe que la France. »