l’essentiel
Le 11 décembre 2023, une entreprise de Bordeaux est cambriolée sans effraction. L’enquête révèle qu’un agent de nettoyage, un homme de 62 ans sans domicile fixe, est impliqué grâce à une clé remise pour sa formation. Après plusieurs délits similaires à Lourdes, il est condamné trois ans plus tard à six mois de prison, dont quatre avec sursis probatoire. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette affaire.

Nous sommes le 11 décembre 2023, à Bordeaux. Les premiers employés arrivent pour démarrer leur journée dans cette société de gestion et de conseil comme un lundi ordinaire. Mais un détail va troubler la matinée. La porte d’entrée a été ouverte. À l’intérieur, c’est le désordre : des objets déplacés, des placards ouverts. Une dizaine de bouteilles de vin et un chéquier ont tout simplement disparu. L’entreprise venait d’être cambriolée.

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La police arrive, l’enquête commence. Mais, pas de traces d’effraction à la porte, un détail qui intrigue. Peu à peu, une hypothèse émerge. La veille du cambriolage, le patron avait reçu un SMS inhabituel : la société de nettoyage mandatée par l’entreprise bordelaise l’informait du recrutement d’un nouvel agent qui viendrait en formation dans les locaux. Une clé avait donc été remise. C’est cette clé qui a ouvert la porte au moment du vol.

Les soupçons se tournent donc vers ce nouvel employé. Et les preuves s’accumulent rapidement : l’ADN du suspect est retrouvé sur une bouteille de vin abandonnée sur place. Pire encore, un chèque a été émis depuis le chéquier volé, pour plus de 1 000 euros, et à l’ordre du principal suspect. Le piège s’est donc refermé sur l’agent polyvalent, un homme de 62 ans, sans domicile fixe, originaire de la Dordogne.

De Bordeaux à Lourdes

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Un an plus tard, le 12 décembre 2024, ce même homme se retrouve à Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées, où il a ses habitudes. Il se présente à la mairie, en état d’ébriété et bredouillant des propos incohérents. Agacé de ne pouvoir obtenir d’aide, il mime soudainement le geste de dégainer une arme et prend la fuite.

Il est retrouvé grâce à la vidéosurveillance de la ville et la police le rattrape rapidement. Cet homme est connu des services. Il est entendu mais ce ne sera pas la dernière fois qu’il fera parler de lui.

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Un an plus tard, entre juillet et août 2025, un habitant de Lourdes a été victime de plusieurs cambriolages. Toujours le même modus operandi : le voleur pénètre dans le jardin et vole dans les véhicules stationnés. Exaspérée, la victime installe une caméra de surveillance et laisse un avertissement écrit au voleur dans la voiture. L’échange devient surréaliste : le cambrioleur répond par un mot, illisible, glissé dans la boîte aux lettres.

Mais les images de la caméra, elles, sont bien lisibles. Elles captent le visage du sexagénaire. C’est le même homme.

Le jugement

Le 3 septembre, depuis la maison d’arrêt, l’individu, défendu par Me Claude Sané, comparaît en visioconférence. À travers les problèmes techniques des premiers instants et les explications confuses, parfois incompréhensibles, le tribunal comprend : il reconnaît l’intégralité des faits.

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Le tribunal, bien qu’en possession d’éléments accablants, se montre relativement clément en ne suivant pas les réquisitions. Le ministère public avait requis 8 mois d’emprisonnement (dont 4 avec sursis probatoire). La juge en décide autrement : 6 mois de prison dont 4 avec sursis probatoire. Elle ajoute une interdiction de paraître à Lourdes et ordonne une indemnisation de 300 euros à l’employé municipal pour son préjudice moral. Une peine qui donne l’épilogue à cette série de délits.