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Marine Le Pen et Jordan Bardella dominent toujours le classement des personnalités politiques établi par Elabe pour Les Échos. Derrière le duo du RN, Édouard Philippe et Gabriel Attal enregistrent une nette baisse, y compris auprès de l’électorat macroniste. À gauche, François Ruffin confirme sa dynamique.

Selon l’Observatoire politique d’Elabe publié ce jeudi 3 septembre, à l’approche de la présidentielle de 2027, le Rassemblement national conserve une position dominante dans le classement des personnalités. Jordan Bardella et Marine Le Pen recueillent chacun 37 % de bonne image. Le premier gagne un point, la seconde trois, et tous deux restent proches de leurs niveaux records.

Derrière eux, Marion Maréchal atteint pour la première fois la troisième place. Avec 29 % de bonne image, en hausse d’un point, elle devance désormais Édouard Philippe. L’ancien Premier ministre tombe à 26 %, après une baisse de quatre points en un mois et de huit points en deux mois. Gabriel Attal suit à 25 %. Lui aussi décroche fortement : cinq points perdus depuis août et sept en deux mois.

Un recul brutal pour Philippe et Attal, Glucksmann progresse

Le mouvement est d’autant plus notable que Philippe et Attal restent les deux personnalités les mieux considérées par les électeurs d’Emmanuel Macron. Mais même dans ce socle électoral, leur recul est brutal. Édouard Philippe conserve la première place avec 58 % de bonne image et Gabriel Attal le suit à 57 %, mais tous deux perdent huit points. Gérald Darmanin, troisième à 44 %, recule de sept points.

Le classement des personnalités.

Le classement des personnalités.
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Dans cet électorat, Raphaël Glucksmann apparaît en revanche en nette progression. Avec 43 % de bonne image, il gagne dix points et se rapproche du trio issu de la majorité présidentielle. Bernard Cazeneuve atteint pour sa part 40 %, en hausse de deux points. Bruno Retailleau subit le mouvement inverse : il perd neuf points auprès des électeurs macronistes et tombe à 25 %.

Dans l’ensemble de la population, Raphaël Glucksmann progresse également, de deux points, à 23 %, au niveau de Bruno Retailleau, qui en perd deux. François Ruffin gagne trois points et atteint 22 %, autant que Gérald Darmanin, en baisse de trois points, et François Hollande, qui en abandonne quatre. Fabien Roussel reste stable à 20 %, comme Dominique de Villepin, en progression d’un point.

À gauche, François Ruffin consolide surtout sa première place auprès des électeurs de ce bloc. Sa bonne image gagne cinq points pour atteindre 50 %. Il devance Jean-Luc Mélenchon, à 45 % après une progression de trois points, et Fabien Roussel, à 43 %. Raphaël Glucksmann recule en revanche de trois points dans cet électorat, à 37 %, tandis que Marine Tondelier perd quatre points, à 35 %. François Hollande connaît lui aussi un net tassement : moins sept points, à 34 %.

L’érosion du macronisme

La domination du RN apparaît encore plus spectaculaire auprès des électeurs de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour. Jordan Bardella y recueille 90 % de bonne image et Marine Le Pen 89 %, tous deux en hausse de deux points. Marion Maréchal reste troisième à 71 %, malgré un recul de trois points. Elle conserve une avance importante sur Éric Ciotti, à 62 %, Éric Zemmour, à 47 %, et Sarah Knafo, à 45 %.

À ce stade, le classement traduit donc un double mouvement : la stabilité à très haut niveau du tandem Le Pen-Bardella et l’érosion des principales figures issues du macronisme. Édouard Philippe et Gabriel Attal demeurent incontournables dans leur camp, mais leur recul simultané, nationalement comme dans l’électorat d’Emmanuel Macron, fragilise leur dynamique au moment où se précise progressivement la bataille de 2027.

Macron et Lecornu en baisse

La rentrée est difficile pour l’exécutif. La cote de confiance d’Emmanuel Macron chute de quatre points, à 20 %, tandis que 75 % des Français interrogés disent ne pas lui faire confiance. Le recul atteint neuf points auprès de son électorat du premier tour et douze points chez les cadres. Sébastien Lecornu résiste davantage : le Premier ministre perd un point, à 23 % de confiance. Il reste notamment mieux évalué que le chef de l’État parmi les électeurs d’Emmanuel Macron du premier tour, avec 62 % de confiance.