Par
Farah Sadallah
Publié le
3 sept. 2026 à 18h02
« Tout passe par la messagerie, donc on ne peut rien faire », lâche, agacé, Jeoffrey-Gaylord Remaud, secrétaire académique adjoint SNES-FSU Nantes (le Syndicat national des enseignements de second degré). Dans un communiqué de presse publié le lundi 31 août 2026, l’académie de Nantes annonçait que la messagerie des enseignants était toujours suspendue, « pour des raisons de sécurité ». En réalité, la cyberattaque serait toujours en cours, selon les syndicats de la Fédération syndicale unitaire de l’enseignement (FSU), réunis lors d’une conférence de presse organisée ce jeudi 3 septembre 2026.
« La situation se stabilise, sauf à Nantes et à Toulouse, et les données volées sont toujours en cours d’expertise », rapporte Annabel Cattoni, co-secrétaire départementale du FSU-SNUIPP, le Syndicat national unitaire des instituteurs et des professeurs des écoles. Cette situation donnerait lieu à de nombreux blocages dans le fonctionnement de la scolarité, en cette période de rentrée et pour une durée indéterminée. « On ne sait pas quand ça sera rétabli. »
Des projets scolaires en suspens
« On est revenu au papier et au crayon », continue Annabel Cattoni, qui rit jaune. Ce retour dans le passé vaut aussi bien pour les enseignants que pour le personnel administratif, « qui tient la boutique. Ils utilisent même leur boîte mail personnelle », complète Nelly Hervouet, coordinatrice régionale de la FSU.
Ces réseaux de communication coupés empêchent les enseignants d’accéder à leurs outils numériques, indispensables pour avoir « des listes d’élèves à jour », « pour rentrer les évaluations », ou encore « pour valider les projets scolaires » qui se mettent en place en début d’année.
Les classes de découverte, les voyages de classe à l’étranger, les sorties à la piscine ne peuvent pas être validés, car on n’a pas accès à nos outils pédagogiques, qui nous permettent d’honorer nos paiements, par exemple.
Nelly Hervouet, coordinatrice régionale de la FSU.
Seuls certains enseignants chargés de la direction peuvent y accéder grâce à une clé OTP (One Time Password ou mot de passe à usage unique), qui permet la double identification. Mais celle-ci ne fonctionnerait que sur des postes d’ordinateur, « connectés à un réseau sécurisé », situés dans « un établissement de la circonscription de l’enseignant », « à des heures ouvrables », « quand ce n’est pas coupé parce qu’ils font de la maintenance », explique Jeoffrey-Gaylord Remaud, secrétaire académique adjoint SNES-FSU Nantes.
Certaines AESH ne savent pas quels élèves accompagner
Les élèves ne sont pas non plus épargnés. Bien que l’académie de Nantes ait annoncé dans son communiqué la fin de la suspension pour les familles et les élèves « de leur accès à l’espace numérique de travail et aux logiciels de vie scolaire habituels », Laurence Adrien, co-secrétaire du syndicat de l’enseignement professionnel, affirme que certains élèves nouvellement lycéens n’ont pas accès à leurs outils numériques.
Autres problèmes abordés : les enseignants non titulaires qui ne sont toujours pas affectés. « On nous contacte pour nous dire qu’ils n’ont pas de postes. Ils sont en détresse », alerte Alexandre Fagault, co-secrétaire départemental du syndicat national de l’éducation physique, SNEP-FSU. Il en serait de même pour les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), dans le premier degré, « qui ne savent pas quels élèves ils doivent accompagner », renchérit Annabel Cattoni.
Et cette situation pourrait bien durer encore un moment. « Ça ne pourra pas se résoudre en 15 jours », affirme Jeoffrey-Gaylord Remaud. Selon les syndicats, la mise en œuvre d’une double authentification pour tout le personnel éducatif devrait se faire prochainement au niveau national. « Un plan sera présenté le 11 septembre », rapporte Annabel Cattoni, en citant le ministère de l’Éducation nationale.
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