Poursuivie pour des propos diffusés sur le réseau social X en février 2024, la militante d’extrême droite Mila Orriols a été relaxée ce jeudi 3 septembre 2026 par la cour d’appel de Lyon. En cause : un vice de forme sur la qualification juridique des faits retenue lors des poursuites initiales.
Alors qu’elle avait été condamnée en première instance le 16 décembre dernier d’une peine de 2 000 euros d’amende avec sursis, ainsi que d’un versement de 1 000 euros de dommages et intérêts à la Ligue des droits de l’Homme (LDH), la jeune femme de 22 ans repart libre de toute condamnation ce jeudi.
En cause, un écueil de procédure soulevé durant les débats. Le ministère public avait initialement engagé des poursuites pour des injures ciblant nommément le plaignant. Or, lors de l’audience d’appel, l’avocat général a relevé que les écrits reprochés visaient en réalité l’ensemble de la communauté maghrébine. Tout en reconnaissant la matérialité des propos racistes de la prévenue, le parquet a donc lui-même requis la relaxe pour des motifs strictement juridiques.
Un tweet publié sur X puis rapidement supprimé
L’affaire remonte à février 2024. Dans une publication sur la plate-forme X (ex-Twitter) effacée dix minutes plus tard, l’activiste proche du collectif identitaire Némésis et de Reconquête! écrivait : « Avec la consanguinité, beaucoup ont des fronts minuscules j’ai remarqué […] Une immense partie des familles maghrébines sont consanguines, et beaucoup ont des visages difformes et assez laids, et de très petits fronts. Surtout les migrants chelous qui nous agressent dans la rue tous les jours ».
Lors du premier procès en octobre 2025 devant le tribunal judiciaire de Lyon, Mila — révélée au grand public en 2020 après des propos sur l’islam qui l’avaient contrainte à vivre sous protection policière suite à une vague de cyberharcèlement — avait évoqué une démarche « maladroite », rédigée selon elle « en réponse à une énième vague de harcèlement massive et gratuite ». Elle déclarait regretter « sincèrement d’avoir offensé certaines personnes », tout en revendiquant « une liberté d’expression totale ».
« Un problème de procédure » qui fait réagir les parties
À la sortie du délibéré, les réactions sont contrastées. Conseil de la partie adverse, Me Martens n’a pas caché sa déception face à cette tournure technique : « Je regrette qu’à cause de cette erreur de procédure Mila puisse toujours être considérée comme non délinquante, alors qu’elle l’est factuellement. »
De son côté, la défense de l’influenceuse, représentée par Me Barbier, s’était insurgée dès le jugement de première instance, dénonçant alors « une défaite pour la liberté d’expression ».