André Simon ne se souvient pas d’un jour précis. Plutôt d’une ambiance. D’hommes qu’on ne remplace plus, d’effectifs qui fondent. D’un haut-fourneau qui s’arrête, d’un deuxième. Et puis, en mai, de la dernière coulée. Il était là. « J’ai fait partie de ceux qui ont fermé la porte. »
Ce jour-là, André Simon dit adieu à plus de trente ans de carrière. C’était en 1986, il y a quarante ans. La Société nouvelle des aciéries de Pompey , jusqu’à 4 500 employés au plus fort de son activité, s’éteignait. La mort d’une usine centenaire. « Sa disparition a été mal vécue par la population », se souvient André Simon.
Une usine à la pointe
Lui travaillait dans un bureau d’études, en tant que responsable. « J’avais deux missions, déterminer comment on allait obtenir les produits et améliorer les installations » Il raconte ça chez lui, dans sa maison de Marbache. Avec fierté, parce que l’usine de Pompey était prospère, jusque dans les années 70. « On faisait des aciers très pointus, qu’on livrait dans…