Par
Marco Valade
Publié le
3 sept. 2026 à 17h13
; mis à jour le 3 sept. 2026 à 23h04
Mercredi 2 septembre, le bruit des verres trinquant et des rires se fait entendre partout dans les rues de Montpellier, on reconnait bien là le jour de la rentrée, la ville se réveille et revient à son quotidien, celui d’une des meilleures villes étudiantes de France. Cependant, derrière l’aspect chaleureux et attrayant qu’une soirée à Montpellier peut avoir, se cache une réalité parfois plus complexe.
Une ville séduisante
Proche de la mer, un climat méditerranéen, du sport, des événements culturels, gratuité des transports en commun. Montpellier est une ville qui attire. Elle est en 2026 la 3ᵉ ville étudiante de France, elle n’a plus quitté le podium depuis 2024. L’ancienne cité médiévale est reconnue pour ses écoles de qualité ainsi que son climat propice à une belle vie étudiante.
La gratuité des transports est un argument non négociable. La ville obtient un score de 11/11 dans le classement de l’Étudiant, les trams couvrent la quasi-totalité de la ville à une fréquence régulière, et sont généralement en service jusqu’à tard la nuit. Montpellier est également connue pour être une ville très festive. Beaucoup de bars et d’activités culturelles à faire en tout genres, de grands centres commerciaux sont aussi présents.

Une ville qui se réveille avec la rentrée (©Marc-Aurèle Valade)
L’architecture de la ville et sa proximité avec la mer font d’elle un choix évident pour beaucoup d’étudiants, celui d’une vie paisible pendant les études. Côté scolaire, « la surdouée » s’en sort bien, plusieurs grandes écoles, et énormément de propositions de formations dans tous les domaines possibles.
Un autre avantage notable reste la grande offre d’emplois disponibles. Les entreprises des communes proches de Montpellier sont souvent en recherche d’étudiants, ces communes sont souvent desservies par le tram, ce qui facilite l’accès à l’emploi pour tout étudiant.
Vidéos : en ce moment sur Actu
Cependant, cette attractivité a un prix : sur les dix dernières années, le nombre d’étudiants a augmenté de 20 %. Ainsi, avec l’augmentation du nombre d’étudiants, une possible dégradation de la qualité de vie semble se profiler.
La réalité du terrain
Derrière les statistiques et les classements, la réalité étudiante est-elle la même que celle dépeinte par la 3ᵉ place obtenue par Montpellier ? Pour répondre à cette question, nous avons interrogé plusieurs étudiants montpelliérains ainsi que des associations et des professionnels.
La question des transports revient assez régulièrement. Montpellier est l’une des rares villes proposant ses services de transport gratuitement pour les habitants de la métropole. Cependant, bien que la gratuité soit un grand pas, pour beaucoup, elle n’est pas suffisante.
Pour Enola Kraemer, porte-parole du SCUM à Montpellier, le système n’est pas assez efficace. “Je peux parler des transports gratuits, toutefois le problème des transports gratuits… Déjà, il faut qu’il y ait des transports. Néanmoins, très souvent, il y a des travaux ou même pas assez de trams disponibles. Mais, il y a également beaucoup d’étudiants qui habitent en dehors de la métropole, même si c’est juste un village à côté de Montpellier, cela reste en dehors de la métropole. Ces étudiants se retrouvent donc à payer leur transport ou bien ils doivent payer les parkings autour de la fac car aucun d’entre eux n’est gratuit. Ainsi certes, il y a des transports gratuits, mais pas pour tous. », déclare-t-elle.

Les transports à Montpellier, un débat récurrent (©Marc-Aurèle Valade)
Pour Kieran Donnelly, étudiant à Montpellier vivant à Lattes (commune proche de Montpellier), la fréquence des trams n’est pas assez régulière. “C’est embêtant quand on veut faire des soirées étudiantes, il y a vite plus de tram et rentrer chez soi devient plus compliqué.” Les villes comme Pérols ou Lattes sont desservies par la ligne 3, cependant, à partir de 21 h 30, les trams se font de plus en plus rares, allant jusqu’à un par heure seulement.
À Montpellier, le marché de l’immobilier est saturé, le Crous peut accueillir environ 8 300 étudiants, bien loin des 80 000 présents dans la ville. Sans les parents comme garants et sans emplois étudiants, trouver un logement étudiant convenable est un défi ardu.
Un autre problème existe : l’arnaque du particulier. Lorsqu’on ne passe pas par des agences, certaines annonces sur des sites de particuliers peuvent s’avérer mensongères, à ça s’ajoute le manque de logements. “J’ai peiné à trouver un appartement quand je suis arrivé à Montpellier, je payais seul le loyer, à l’époque je combinais mon travail dans une pizzeria et mes études. « Je gagnais approximativement 1200 euros et j’en payais un peu moins de 500 », déclare Ilias, étudiant en master à Montpellier. Les difficultés pour obtenir un appartement se ressentent jusque chez les professionnels : Sabine Estivan, responsable location à Immobis, parle du marché immobilier montpelliérain.

Sabine Estivan, responsable location à Immobis (©Marc-Aurèle Valade)
Le marché de l’immobilier en été est très intense, c’est une période très importante pour nous. En général, par semaine, on peut avoir environ 60 visites d’appartements pour deux agents, il y a bien plus de demandes que d’offres. Il est crucial aussi de préciser qu’aujourd’hui les personnes bougent moins, elles changent moins d’appartement, par conséquent nous avons moins de biens à proposer, ce qui renforce la tension du marché. », explique-t-elle.
Source de bien des maux chez les étudiants, la précarité financière est aujourd’hui un réel souci : “un étudiant sur deux doit travailler à côté de ses études pour subvenir à ses besoins, et ce alors même que les salariés étudiants représentent la première cause d’échec à l’université, détaille Enola Kraemer, porte-parole du SCUM. La précarité ne touche pas seulement le pouvoir d’achat mais également la santé mentale et la vie sociale, qui sont fortement affectées.
Montpellier a toutefois ses bons côtés, Thomas Jourdan, étudiant, évoque plutôt des souvenirs de belles soirées passées dans la ville. « Je pense directement aux soirées en ville, les terrasses qui se remplissent, c’est à ce moment que tu vois à quel point la ville est vivante de nuit grâce à sa jeunesse. » La jeunesse porte la ville, et pas l’inverse, pour Alexandre, étudiant en art. “Pour moi Montpellier est une ville qui profite de son grand nombre d’étudiants, sans pour autant mettre en place toutes les mesures nécessaires à leur confort et à leur développement. La ville est surtout portée par les jeunes qui font bouger les choses et qui organisent de beaux événements pour la ville.”
Quand on compare Montpellier est Toulouse, on sent que Montpellier est plus petit, il y a moins d’offre d’emplois, c’est plus une ville à taille humaine que Toulouse qui est très industriel avec forcément plus d’opportunités en général.
Ilias
Etudiant en master à Montpellier
Comment aider les étudiants ?
Montpellier est une ville faite par les étudiants, pour les étudiants, par conséquent, des solutions pour subvenir aux besoins de ces derniers existent. Emmaüs à Saint Aunès, proche de Montpellier, cette communauté solidaire qui récupère des dons de la part de particuliers ainsi que de professionnels. Meubles, vêtements, livres, jeux vidéo, vaisselle et bien d’autres objets en tout genre à prix cassés. L’idéal pour meubler son appartement à petit prix.
D’autres solutions sont les ressourceries, Gammes notamment, une ressourcerie qui propose des meubles, de l’électroménager, de la vaisselle, des livres et des textiles reconditionnés à prix très abordables. Les objets sont collectés auprès des particuliers (sur rendez-vous ou apport volontaire), triés, réparés ou upcyclés dans les ateliers, puis revendus. On retrouve certains points de vente : 16 avenue George-Clémenceau, 9 rue de Lantissargues ou encore 9 rue de la Raffinerie. Dans la même idée, le mouvement circulaire étudiant, une association qui récupère auprès de particuliers du mobilier afin de l’offrir aux étudiants dans le besoin.
Le SCUM est également une association importante, le syndicat de combat universitaire lutte pour les droits des étudiants et contre les frais d’inscription différenciés notamment. L’association est basée au sein de l’université Paul Valéry. Pour les questions de logements, le CRIJ (centre régional information jeunesse) organise des forums sur les logements, des endroits où vous pouvez obtenir de précieuses informations.
Et enfin l’épicerie solidaire « Rayon 34 » qui permet aux étudiants avec des revenus serrés de bénéficier de réductions importantes sur leurs produits. Les Resto du Cœur sont également importants.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.