Par

Laure Gentil

Publié le

3 sept. 2026 à 15h30

Un élève de 12 ans a agressé sexuellement une enseignante au collège La Durantière, à Nantes. Une affaire qui a secoué le personnel de l’école. Les professeurs ont déposé un préavis de grève, espérant pousser le ministère de l’Éducation nationale à placer l’établissement en REP+ (Réseau d’éducation prioritaire, N. D. L. R.), une demande déjà formulée à plusieurs reprises mais sans réponse. Selon Sylvain Marange, professeur au collège La Durantière co-secrétaire du Snes-FSU de Loire-Atlantique, les enseignants reconnaissent « que rien ne permet d’affirmer que le classement du collège en REP+ aurait nécessairement empêché l’agression commise le 22 juin ». 

Mais c’est (le classement REP+, N. D. L. R.) ce qui crée des conditions pour qu’on puisse les prévenir mieux. Et les prévenir mieux, c’est ce qu’on demande au ministère, de pouvoir le faire.

Sylvain Marange

3 à 4 enseignants en plus 

Le classement REP+ « veut dire une indemnité significative pour chaque personnel de l’établissement, et donc la reconnaissance de la difficulté des conditions d’exercice », indique le professeur d’histoire. « Ça apporterait dans l’établissement 3 à 4 enseignants de plus, ça changerait tout. »

Mais pourquoi ce collège nantais aurait-il besoin d’un tel classement ? « 60 % des élèves qui arrivent au collège sont des élèves qui viennent d’écoles de REP+ et 15 % des élèves sont des élèves en situation de handicap ou des élèves allophones ou qui ont un gros besoin de formation en langue française », explique le co-secrétaire du Snes-FSU de Loire-Atlantique. « Enfin, on est dans un établissement où le public est très fragilisé scolairement. »

« Elle trouvait insensé qu’on ait pas de réponse »

Les faits se sont déroulés en juin avant les grandes vacances scolaires mais n’ont été révélés au grand public qu’à la rentrée, car c’était le souhait de l’enseignante victime. 

C’était prendre le risque que les élèves la considèrent différemment, que ça abîme sa relation pédagogique. Elle se projetait dans une reprise du travail normal et ordinaire. 

Sylvain Marange

Elle a eu 10 jours d’ITT au mois de juin suite aux évènements. L’enseignante agressée a repris le travail à la rentrée. « La collègue nous a dit qu’elle était toujours dans le même état d’esprit, sauf qu’elle trouvait insensé qu’on n’ait pas de réponse à une longue lettre qu’on a écrite au ministre le 3 juillet », précise Sylvain Marange. « Elle ne se voyait pas reprendre et faire cette rentrée sans que quelque chose de majeur change dans l’établissement. » Quitte à révéler ce qu’elle avait subi. 

Les organisations syndicales du collège ont déposé un préavis de grève couvrant l’ensemble du mois de septembre.

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