Par
Léa Nicosia
Publié le
3 sept. 2026 à 16h44
C’est une actualité qui a marqué les esprits de nombreux Varois : le projet du Rassemblement national d’interdire le port du voile islamique dans l’espace public fait réagir jusqu’à Toulon.
Dimanche 30 août, le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy a annoncé que son parti souhaitait sanctionner d’une amende les femmes portant le voile islamique dans l’espace public en cas d’arrivée au pouvoir. Marine Le Pen a confirmé cette volonté le lendemain, évoquant un référendum sur une loi de lutte contre les « idéologies islamistes ».
« Je ne comprends pas du tout cette prise de position »
Aux abords de la gare de Toulon, Anissa*, 24 ans, est voilée depuis ses 18 ans. Elle travaille comme vendeuse dans un magasin du centre Mayol et suit parallèlement une formation en ligne pour devenir diététicienne.
Très attentive à l’actualité, elle dit avoir rapidement entendu parler de la proposition, et ne cache pas son incompréhension.
« Je ne comprends pas du tout cette prise de position. C’est totalement contraire à la France qui se dit être un pays libre », estime-t-elle. Pour la jeune femme, la laïcité peut être défendue « sans dire aux femmes comment elles ont envie de s’habiller ».
Elle voit dans cette proposition « une manière de s’en prendre aux femmes musulmanes ». Anissa s’interroge également sur ses conséquences pour les autres religions : « Mais ces gens-là ont-ils pensé aux bonnes sœurs qui ont envie de sortir avec leur voile aussi ? En voulant pénaliser les musulmanes, ils pénaliseront aussi les chrétiennes », affirme-t-elle.
« Il y a des problèmes plus graves »
Un peu plus loin, Malika attend son train avec ses deux enfants, âgés de 11 et 15 ans. Pour cette mère de famille, cette proposition ne devrait probablement pas aboutir. « Je ne pense pas que cela verra le jour, mais forcément, ça fait du bruit et ça alimente la haine qui existe déjà dans le pays », estime-t-elle.
Elle aurait préféré que le débat porte sur d’autres préoccupations du quotidien, comme l’augmentation des prix dans les supermarchés ou encore la pollution. « Vous avez vu l’air que respirent nos enfants ? Moi, ce sont toutes ces choses qui me font peur, plus que de savoir si des femmes veulent se voiler ou non », lance-t-elle.
Son fils Yannis, 15 ans, ne cache pas non plus sa lassitude. Il dit s’informer principalement sur TikTok et avoir rapidement entendu parler de la proposition. « Moi perso, ça ne m’intéresse pas du tout la politique », explique-t-il. La famille espère désormais « que la loi ne passera pas ».
Une Toulonnaise y voit au contraire une bonne idée
Toutes les personnes interrogées ne partagent toutefois pas cet avis. Sophia, 34 ans, secrétaire dans un cabinet médical à Hyères et rencontrée à Toulon, se dit athée. Elle estime que l’interdiction pourrait « au contraire contribuer à défendre la laïcité ».
« J’aimerais connaître la position de la maire de Toulon à ce sujet, car on parle souvent de ce qu’il se passe à l’échelle nationale, mais les maires aussi peuvent prendre position », explique-t-elle. Pour elle, cette mesure serait « une bonne idée, pour assurer une laïcité dans le département ».
Sophia, 34 ans, secrétaire dans un cabinet médical à Hyères.
La Ville de Toulon et Laure Lavalette sollicitées
Contactée par Actu Toulon, la Ville de Toulon n’a pas répondu à nos sollicitations au moment de la publication.
Laure Lavalette, députée, conseillère municipale et métropolitaine de Toulon et porte-parole de Marine Le Pen et Jordan Bardella, a également été sollicitée. Elle n’a pas répondu et n’a pas réagi publiquement au sujet au moment de la publication.
*Le prénom d’Anissa a été modifié afin de préserver son anonymat.
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