Par

Océane LALOUM

Publié le

3 sept. 2026 à 18h02

La précarité étudiante ne se résume pas à une difficulté à remplir son réfrigérateur. À Montpellier, l’association 1 Cabas pour 1 Étudiant part d’un constat simple : un étudiant sur cinq serait en grande précarité, avec parfois moins de 100 euros, pour le mois, une fois les dépenses essentielles payées. Depuis 2021, la première plateforme en France de parrainage solidaire de proximité met en relation des étudiants avec des parrains et marraines bénévoles.

L’objectif premier est de permettre aux jeunes de faire régulièrement des courses, mais l’aide va rapidement bien au-delà du panier alimentaire : « Le plus important, c’est qu’ils sont dans un isolement qui est absolument terrible », témoigne Françoise Gravouil, marraine depuis février avec son compagnon Jacques Guillo d’une étudiante béninoise de 22 ans. Courses, accompagnement dans certaines démarches, conseils ou simples échanges par téléphone : chaque parrainage s’adapte aux besoins de l’étudiant.

Une relation qui se construit

La force du dispositif repose justement sur cette relation personnalisée. Chaque binôme avance à son rythme, sans programme imposé. Certains étudiants recherchent avant tout une aide matérielle, quand d’autres ont surtout besoin de sortir, de découvrir Montpellier ou simplement de rompre leur solitude. Jean-Louis Pham, parrain depuis trois ans d’un étudiant guinéen en droit, raconte ainsi avoir partagé avec lui des randonnées, des sorties culturelles et des découvertes de la région.

Françoise Gravouil, elle, invite régulièrement son filleul à manger et lui apprend à cuisiner des plats simples et peu coûteux. Avec le temps, la confiance s’installe et les liens peuvent devenir presque familiaux : « L’échange marche vraiment dans les deux sens, humainement c’est assez fort », résume un bénévole. Pour accompagner les parrains et marraines, l’association propose notamment une formation d’une heure, des espaces d’échange entre bénévoles et un suivi des parrainages.

Un engagement adapté à chacun

L’association insiste sur un principe, le bénévolat doit rester compatible avec la vie de chacun. Le parrainage se fait généralement sur une année scolaire, avec un engagement moral, mais sans contrainte de fréquence ou de montant. Les bénévoles peuvent accompagner leur étudiant une fois par semaine, tous les quinze jours ou selon leurs disponibilités.

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Des partenariats locaux, notamment avec une épicerie solidaire, permettent aussi de réduire le coût des courses et de soutenir les étudiants sans demander aux parrains de financer eux-mêmes tous les besoins nécessaires. Pour Philippe Vernay, délégué bénévole de l’association, l’enjeu est désormais de recruter de nouveaux parrains et marraines dont une quarantaine d’étudiants pourraient rejoindre le dispositif à la rentrée. Une formule simple qui entend lutter à la fois contre la précarité alimentaire et contre l’isolement social.

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