Par

Lisa Rodrigues

Publié le

3 sept. 2026 à 16h08

Selon la Ville de Grenoble, 16 familles ont été hébergées dans des écoles de la commune durant l’été, « soit 65 personnes, dont 46 enfants ». Des familles qui, à l’heure de la rentrée, ont dû plier bagage pour laisser place aux écoliers.
L’intercollectif des écoles occupées de Grenoble, regroupant plusieurs associations, dénonce toutefois un rétropédalage de la municipalité sur le sujet : de soutien institutionnel, elle aurait « usé de menaces à plusieurs reprises » dans l’été à l’encontre des associations et occupants. La Ville aurait ainsi annoncé vouloir porter plainte si les familles restaient sur place
L’équipe de la maire, Laurence Ruffin, se défend, arguant que « la mise à l’abri dans les écoles, si elle peut permettre d’éviter de passer la nuit dehors, ne peut pas devenir un mode d’hébergement pérenne ».

La Ville « rétropédale sur la réquisition de bâtiments vides »

Dans un long communiqué, l’intercollectif affirme que seules des « mises à l’abri temporaires, sans engagement de durée » dans des hôtels ou hébergements de nuit ont été faites aux familles concernées. 

Et de fustiger des promesses non tenues de la nouvelle majorité, en particulier concernant le logement.

La mairie refuse catégoriquement d’ouvrir de nouvelles places d’hébergement. Elle rétropédale sur la réquisition de bâtiments vides qui faisait pourtant partie des mesures prioritaires de la maire pour ses 100 premiers jours en poste.

Communiqué de l’Intercollectif des écoles occupées

Une brigade de réquisition des logements vacants a bien été annoncée par Laurence Ruffin à son arrivée à la mairie, mais cette mesure a pris du retard et ne devrait pas être effective avant la fin de l’année.

La mairie aurait menacé de porter plainte

Surtout, toujours selon les associations, la mairie aurait menacé de porter plainte contre X « sous le prétexte de risques sanitaires et sécuritaires » si les écoles continuent d’être occupées à la rentrée. 

« La mairie rentre dans un processus de dénonciation et de répression des occupations d’écoles, assure l’intercollectif. Aucun maire en France, de droite comme de gauche, n’a jusqu’à maintenant porté plainte dans le cadre des occupations d’école. Laurence Ruffin innoverait donc en matière de tout-répressif et instaurerait un délit de solidarité inédit. »

Le problème risque toutefois de se présenter à nouveau dans l’année, puisque « 9 familles des écoles occupées l’année scolaire dernière, mises à l’abri de manière temporaire par la mairie, risquent d’être remises à la rue début septembre ». Sans compter de potentiels nouveaux cas…

Depuis 2022, date du début de la mise à l’abri de familles dans les écoles, « ce sont 130 familles, dont 330 enfants, qui ont été protégées ».

« Non, la Ville de Grenoble ne veut pas criminaliser l’élan de solidarité »

Du côté de la municipalité, on assure prendre le sujet à bras-le-corps. Et on réfute les accusations de menaces. « Non, la Ville de Grenoble ne veut pas criminaliser ni freiner l’élan de solidarité porté par les Grenoblois. »

Elle rappelle également qu’elle finance et gère 340 places d’hébergement d’urgence avec le CCAS, sans que ce ne soit de sa compétence, avec un budget d’1,8 million d’euros qui aide aussi à la maraude sociale.

Enfin, la mairie renvoie aussi et surtout la balle à l’État et au Département « pour assumer leurs compétences en matière d’hébergement, tant au niveau local que national ». Selon la Ville, à Grenoble, « près de 1200 personnes, dont 240 enfants, se trouvent sans aucune solution d’hébergement ».

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