Par
Marjorie Durupt
Publié le
3 sept. 2026 à 9h42
Gérante d’un salon de massage, prénommé Maison Morphose, boulevard d’Austrasie à Nancy (Meurthe-et-Moselle), Tess Marmoy vit en quelque sorte un enfer depuis le début des travaux sur la voirie, en février dernier. Le bruit du chantier perturbe fortement son activité. Impossible pour la jeune femme d’accueillir ses clientes dans le calme, alors qu’elles viennent justement se détendre. Conséquence : elle a perdu plus de 10 000 euros de chiffre d’affaires en quatre mois et demande de l’aide à la Métropole du Grand Nancy. En vain.
À Nancy, ce salon de massage perd du chiffre d’affaires à cause du bruit des travaux
Ouvert depuis octobre 2025, cet institut de bien-être spécialisé dans le drainage lymphatique n’a donc pas eu d’autre choix que d’adapter ses horaires pour effectuer ses prestations.
« Ma table de massage se situe juste devant la fenêtre qui donne sur la rue où ont lieu les travaux. La configuration du local fait que je n’ai pas le choix de faire comme ça. Malheureusement, le bruit des travaux n’est pas du tout agréable pour les clientes », confie Tess qui se sent démunie face à la situation. Avant d’ajouter : « Une fois, une cliente a dû mettre ses écouteurs pour ne pas entendre les machines ».
La gérante a renoncé à facturer certaines prestations
Après avoir dû parfois ne pas facturer certaines prestations ou avoir effectué des gestes commerciaux en raison des désagréments, la jeune femme est finalement parvenue à trouver un accord à la mi-juin avec l’entreprise en charge des travaux.
« On avait convenu que les travaux bruyants cesseraient devant mon salon à partir de 13 heures. Mais aujourd’hui, ce n’est plus vraiment respecté. »
Durant six semaines, elle a dû supprimer deux rendez-vous par jour
Durant six semaines, la jeune femme a donc commencé à travailler à partir de 13h, ce qui lui a fait perdre deux rendez-vous par jour, soit environ 7 800 euros de chiffre d’affaires en moins.
« J’ai repris des horaires normaux maintenant que j’ai constaté que les bruits persistaient après 13h. À partir de mai, j’ai dû faire 5 200 euros de gestes commerciaux. J’ai aussi perdu une cure à 800 euros, qui avait déjà été payée, et je n’ai pas facturé trois rendez-vous. Au total, cela représente 6 400 euros de pertes, en plus des 7 800 euros », désespère Tess.
« Pour la période de mai à août, j’ai déjà perdu 14 000 € de revenus »
Une double peine particulièrement difficile pour la gérante, qui travaille à son compte et qui n’était pas au courant que ces travaux allaient autant impacter son activité.
« Pour la période de mai à août, j’ai déjà perdu 14 000 € de revenus. Malheureusement, la mairie de Nancy ne prévoit pas de m’indemniser, car il faudrait être installée depuis au moins trois ans pour que les bilans soient comparés. Je suis en colère, car je n’aurais pas dû me retrouver dans cette situation. J’ai le sentiment de devoir gérer seule les conséquences financières d’une situation que je ne maîtrise pas », déplore la patronne de 27 ans.
« Une dame à la Métropole m’a suggéré de prendre des vacances »
S’ajoute à cela une impression de ne pas comprendre les difficultés liées au statut d’indépendante. « Une dame à la Métropole m’a suggéré de prendre des vacances. » Une remarque qui l’a quelque peu agacée, alors qu’elle a ouvert son salon il y a moins d’un an et que l’été représente une part importante de son chiffre d’affaires. « Je ne pouvais pas me permettre de prendre des congés. Ce n’est pas une maladresse méchante, mais ça agace. »
Le salon ne peut pas prétendre à une indemnisation, explique la Métropole du Grand Nancy
Contactée, la Métropole du Grand Nancy précise que la demande de Maison Morphose ne relève pas de la Commission indemnitaire amiable, prévue dans le cadre des travaux liés aux rues piétonnes et au trolleybus. Une indemnisation reste toutefois possible, mais « n’est pas automatique ». Il faut notamment démontrer « l’existence d’un préjudice anormal et spécifique » et « un lien de causalité direct entre les travaux et ce préjudice ».
La Métropole souligne également que la gérante est installée depuis moins d’un an. « Une durée d’un an est une durée trop courte pour apprécier la perte réelle de chiffre d’affaires », estime-t-elle.
La fin des travaux est prévue pour fin 2026.
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