JAVIER TORRES / AFP
Javier Milei a affirmé que la revendication des îles Malouines était « la cause la plus importante et la plus sacrée pour nous les Argentins »
Le président argentin Javier Milei a invoqué ce jeudi 3 septembre « des vents favorables » pour la revendication historique de l’Argentine sur les îles Malouines, et annoncé des sanctions durcies pour des projets pétroliers autour de l’archipel.
Dans une allocution télévisée, il a annoncé un prochain projet de loi pour « durcir les sanctions et les peines à l’encontre des entreprises liées à des opérations non autorisées », autour de l’archipel de l’Atlantique sud, dont Buenos Aires et Londres se disputent la souveraineté.
L’annonce intervient quelques jours après que le président américain Donald Trump, son allié idéologique, a dit ne pas exclure de « revoir » la position américaine de neutralité concernant les Malouines, et dans la foulée d’une condamnation par l’Argentine d’un projet d’exploitation pétrolière d’une compagnie britannique au large de l’archipel.
« Votre pays n’était pas là pour m’aider »
Les États-Unis, comme la plupart des pays occidentaux, reconnaissent à ce jour que le Royaume-Uni administre de facto ces îles, mais ne se prononcent pas sur la souveraineté stricto sensu. Elle est l’objet d’une résolution de l’ONU qui reconnaît depuis 1965 l’existence d’un différend, et enjoint les parties à trouver une solution pacifique.
« Je passe toujours toutes les positions en revue. C’en est une parmi d’autres », avait déclaré lundi le président américain, interrogé à ce sujet, sans être plus explicite.
Javier Milei s’était aussitôt réjoui de la petite phrase de son homologue américain, évoquant « quelque chose de très fort concernant la cause la plus importante et la plus sacrée pour nous les Argentins ».
Donald Trump en a remis une couche auprès du média britannique GB News ce jeudi, dévoilant davantage sur sa prise de position. « Votre pays n’était pas là pour m’aider » pour la guerre en Iran, a-t-il ainsi déploré à plusieurs reprises à propos du Royaume-Uni, une rhétorique que le président américain répète très fréquemment à propos de ses alliés afin de leur mettre la pression.
Le Daily Telegraph a également dévoilé que cette déclaration sur les îles Malouines visait à pousser les Britanniques à augmenter leurs dépenses militaires, une revendication que les États-Unis de Trump martèlent à leurs partenaires européens.
Une revendication historique de l’Argentine
L’archipel des Malouines, situé à 600 kilomètres de la côte patagonienne de l’Argentine, a été le théâtre d’une brève guerre entre l’Argentine et le Royaume-Uni en 1982, qui a fait 649 morts argentins et 255 morts britanniques en 74 jours.
Coïncidemment mardi, une association d’anciens combattants des Malouines et des avocats défenseurs de l’environnement avaient intenté une action en justice en Argentine dans le but d’empêcher le projet pétrolier porté par la compagnie britannique Rockhopper et l’israélienne Navitas au nord de l’archipel.
Les Malouines, administrées de facto par le Royaume Uni depuis 1833, hantent la politique et le cœur de l’Argentine, à la fois totem et ciment, traversant les clivages politiques. Dans la Constitution, les manuels scolaires, sur des fresques murales, des autocollants sur les bus, ou même tatoué sur la peau, le slogan « Malvinas Argentinas » est omniprésent.
De leur côté, les Britanniques revendiquent pleinement leur souveraineté sur ce qu’ils appellent les îles Falkland, mettant notamment en avant un référendum de 2013, où 99,8 % des habitants avaient voté pour rester un territoire d’outre-mer du Royaume-Uni.