Qui dit logement social ne dit pas forcément loyer abordable. Ou en tout cas de moins en moins, comme le montre un avis publié le 2 septembre par le Haut Comité pour le droit au logement (HCLPD), un organisme gouvernemental. « Une part croissante du parc social devient inaccessible aux ménages les plus modestes », affirme-t-il.
Selon ses calculs, près de 60 % des loyers étaient supérieurs au plafond des APL en 2024. Des chiffres qui confirment une tendance de fond, comme l’explique BFM Business.
Un écart qui se creuse
Le taux de loyers supérieurs au plafond des APL était déjà de 39 % en 2012. Il avait ensuite grimpé à 55 % en 2020. Entre 2020 et 2024, leur part a donc encore progressé. Le nombre de logements sociaux dont le loyer dépasse de plus de 20 % le plafond des APL est aussi passé de 18 % en 2012 à 31 % en 2020.
Ce constat concerne aussi le PLAI (prêt locatif aidé d’intégration), destiné aux foyers les plus modestes. En 2020, 51 % d’entre eux avaient des loyers qui dépassaient les plafonds de l’APL, alors que plus de 60 % des demandeurs de logement social disposent de ressources inférieures aux plafonds du PLAI.
Les charges sous-estimées
Par ailleurs, l’avis du HCLPD montre que les charges ont augmenté, creusant le décalage avec les APL. En moyenne, les locataires dépensent 190 euros par mois en eau et en électricité, alors que le forfait de charges retenu pour le calcul de l’APL est de « 58 euros pour une personne seule ou un couple ».
Plus généralement, le HCLPD note que les loyers plafonds retenus pour le calcul de l’APL n’ont augmenté que de 19 % entre 2010 et 2026, alors que les loyers maximaux des logements conventionnés ont progressé dans un même temps de près de 25 %. Ce phénomène s’explique notamment par le renouvellement du parc social, avec la destruction de nombreux logements anciens qui affichaient les loyers les plus bas.