Par
Marie Pomme
Publié le
3 sept. 2026 à 19h32
Mi-juillet, Umi est passée à l’hôpital pour chiens après avoir été droguée en ingérant des excréments humains contenant du THC. Cet hiver, un chien est mort en s’électrocutant sur une plaque au parc Monceau, à Paris, et un autre a vécu la même mésaventure (mais y a survécu) au Perreux-sur-Marne. « Quand on se promène à Paris, il y a plein de petits risques », fait état Pierre Fabing, vétérinaire urgentiste. Et même certains auxquels on ne penserait pas.
Les raticides aux effets à retardement
Aux électrocutions, qui arrivent tous les ans selon lui, il faut ajouter « tout ce qui est débris de verre ». Vestiges d’apéros au bord des canaux à Paris, « ça peut terminer en coupure au niveau des coussinets », observe-t-il. Mais d’ailleurs, « tout ce qui est poubelle est problématique parce que dans les déchets alimentaires, il y a des os cuits qui peuvent être ingérés et qui peuvent perforer un intestin », prévient-il. À savoir que les os crus sont plus digestes que les os cuits, qui peuvent présenter des reliefs « durs comme de la pierre ».
La liste à la Prévert ne s’arrête pas là. « Il y a aussi tout ce qui est raticide, que ce soit des actes malveillants ou simplement la mairie qui veut éradiquer les rats », continue Pierre Fabing. Problème : les intoxications au raticide peuvent être sournoises. « La mort-aux-rats qui est utilisée dans la plupart des cas va créer une intoxication dont les symptômes ne seront visibles qu’au bout de trois jours », détaille le vétérinaire.
La raison : « Les rats sont intelligents, et s’ils développent des symptômes sur le coup, les autres ne vont pas venir manger la mort-aux-rats ». Et quand ce n’est pas la mort-aux-rats, il y a le risque pour les chiens d’attraper la leptospirose, maladie transmise par l’urine des rongeurs, qui peut rester dans les eaux stagnantes.
La drogue, souvent létale
Comme pour Umi, il y a aussi le problème de la drogue. « On a tout ce qui est déjections humaines, dans les quartiers où on peut trouver de la drogue » et dans les parcs. « Quand c’est du cannabis, c’est pas trop méchant, mais quand c’est de l’héroïne ou de la cocaïne, ça peut être plus violent pour les animaux », assure Pierre Fabing. Là où le cannabis provoque souvent une alternance de phases d’excitation et de léthargie, l’héroïne ou la cocaïne ont des effets très rapides et souvent létaux. « Les premiers effets arrivent en dix minutes et le décès en moins d’une heure. »
Les parcs sont-ils de bons refuges ? Pas toujours. « On a les tiques, dans les jardins, qui peuvent transmettre la piroplasmose. Et comme les températures sont finalement douces, qu’on a très peu de gel, elles restent toute l’année », explique Pierre Fabing.
Méfiance aussi sur les épillets au printemps et en été, petits résidus d’herbe qui vont se ficher au fond des oreilles ou entre les coussinets. Et sur les chenilles processionnaires. D’ordinaire plutôt en début d’année, là encore, le changement climatique étend leur période. « Avant, ça n’existait quasiment pas en région parisienne et depuis des années on est blindés », constate-t-il.
Promenade en laisse et dressage au poil
Mais alors, entre tous ces risques, comment promener son chien ? « Déjà, à Paris, il n’y a pas de promenade sans laisse », préconise le véto. Et laisse courte, le chien sur côté du mur. « Si le chien fuit sur la route, il peut être percuté par une voiture ; et si on a une laisse enroulée, un vélo ou une trottinette peut se prendre dedans. »
Le dressage joue aussi un rôle majeur. Il faut apprendre le rappel à son chien. « Mais pas directement au parc, avertit Pierre Fabing. On commence à l’intérieur, sur des distances très courtes, on félicite le chien. Après, on part dans un endroit clos. Et puis on part dans le grand parc pour travailler tout ça. » Il faut aussi apprendre le pas toucher ou le fait de pouvoir récupérer quelque chose dans la bouche de son chien. « On met quelque chose dans la main, on ferme le poing, on laisse le chien renifler et une fois que le chien se désintéresse de la main, on va le féliciter, donner une friandise à côté, mais pas ce qu’on avait dans la main ».
Et surtout, si, en pleine balade, malgré votre surveillance, le chien mange quelque chose, il ne faut pas hésiter à appeler les urgences véto au 3115. « Il faut le faire tout de suite car certains symptômes peuvent arriver tardivement, et trois jours après, on peut avoir zappé que le chien a mangé quelque chose ».
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