Peintre joyeux et désordonné du monde gitan, le cinéaste avait notamment remporté le prix de la mise en scène au Festival de Cannes, en 2004, pour son film Exils.
Le cinéaste Tony Gatlif, réalisateur de Gadjo Dilo, est mort à l’âge de 77 ans, a annoncé sa famille à l’AFP ce vendredi matin. Peintre joyeux et désordonné de l’exil et du monde gitan, il avait notamment remporté le prix de la mise en scène au Festival de Cannes, en 2004, pour son film Exils.
Né en 1948 à Alger, d’un père kabyle et d’une mère gitane, Tony Gatlif a gardé de son départ à 12 ans une vision poignante qui hantera son cinéma. Il se souvenait du « chaos du port que je voyais sans comprendre: tout le peuple pied-noir quittant l’Algérie ».
Tony Gatlif (Latcho Drom, Gadjo Dilo, Geronimo, Tom Medina) aura passé sa vie à chanter la musique et la liberté propres à la culture gitane, à travers des films prenant la forme de quêtes ou d’errances, joyeuses, inégales et débridées. Dans un registre plus sombre, il a évoqué le génocide tsigane, dans Liberté, en 2009.
En 2025, sortait Ange, dernier long-métrage d’un cinéaste remarqué tôt au Festival de Cannes. Son film était baigné de fulgurances et de maximes à l’emporte-pièce, jugeait Le Figaro, qui retrouvait le parfum de liberté, brut et corsé, typique de l’œuvre de Gatlif.