Marseille a raison de regarder du côté de Naples. Non pour y chercher une recette miracle, mais parce que la ville italienne a appris, dans la douleur, qu’on ne gagne jamais la bataille contre la criminalité organisée sur un seul et unique terrain. Face à la pègre, il faut tenir tous les fronts à la fois.

Sans surprise, il faut cibler les réseaux, démanteler les trafics, saisir les fortunes bâties sur le sang et la misère. Renoncer à la répression serait abandonner les habitants aux groupes criminels. Mais croire qu’elle suffit, relève de l’illusion. Derrière chaque point de deal prospèrent aussi le chômage, le décrochage scolaire, l’absence de perspectives et l’abandon des quartiers populaires.

Un écho à l’Appel de Marseille

L’expérience napolitaine est intéressante parce qu’elle conjugue ces dimensions. La confiscation des biens mal acquis n’y est pas seulement une sanction. Elle devient un outil de reconquête collective. Terres, villas ou bâtiments arrachés à la mafia sont transformés en lieux d’insertion, de culture, de solidarité. Un symbole fort : ce qui servait à asseoir la domination criminelle revient à la société.

Cette approche fait écho à l’Appel de Marseille, lancé en janvier 2024 par des responsables progressistes, des élus, des syndicalistes et des acteurs associatifs. Leur conviction demeure juste : face aux trafics, il faut une réponse globale, déterminée et durable. Sécurité, justice sociale, services publics, prévention, éducation et émancipation ne s’opposent pas. Elles se renforcent. C’est à cette condition que la République pourra reprendre durablement le terrain perdu face aux narcotrafiquants.