Retour à Poudlard. HBO a mis en ligne mercredi une nouvelle bande-annonce de sa série Harry Potter, dont la première saison, intitulée Harry Potter à l’école des sorciers, sera diffusée le 25 décembre. Les images, bien plus généreuses que le premier aperçu de mars, dévoilent le Choixpeau magique, le Miroir du Risèd, le troll des cachots et un premier match de Quidditch !

De quoi séduire une partie du public, restée sur sa faim après une première bande-annonce jugée décevante. Sur les réseaux, plusieurs spectateurs saluent « une bonne surprise », trouvent que les jeunes comédiens tiennent la route et voient déjà dans le programme un futur rendez-vous pour une nouvelle génération, relève le site Purebreak. D’autres restent sceptiques et jugent, comme ce commentateur d’Écran Large, qu’« en terme de photographie et de musique, la comparaison fait très, très mal » par rapport aux films. Cet accueil en demi-teinte ne dissipe pas la controverse qui colle à la franchise. À mesure que la sortie approche, les appels au boycott visant J.K. Rowling, la créatrice de la saga, gagnent en intensité.

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Regarder la série, c’est financer la transphobie ?

Depuis 2020 et ses premières déclarations, la romancière britannique multiplie les prises de position hostiles aux personnes transgenres, qu’elle présente comme une défense des droits des femmes « fondés sur le sexe biologique ». En avril 2025, elle s’était réjouie sur X d’un arrêt de la Cour suprême britannique définissant légalement une femme par le sexe et non par le genre, une décision qui, selon les associations LGBT, menace d’exclure les femmes trans de certains espaces. Cigare à la bouche et cocktail à la main, elle avait alors savouré un « j’adore quand le plan se concrétise ».

Un mois plus tard, l’autrice lançait le J.K. Rowling Women’s Fund, un fonds privé alimenté par sa fortune pour financer des batailles juridiques contre l’inclusion des personnes trans, rapporte Télérama. De quoi nourrir la colère, d’autant que son empire commercial « n’a jamais été aussi vaste », selon Forbes. De retour dans le club des milliardaires avec 1,2 milliard de dollars, elle devrait toucher quelque 20 millions de dollars par an grâce à la seule série HBO. D’où l’argument martelé par les militants. « Si vous la regardez en streaming ou que vous la payez, vous la financez directement », résume une internaute sur X.

Plusieurs personnalités appellent au boycott

Plusieurs personnalités ont rejoint le mouvement. L’acteur Pedro Pascal, dont la sœur Lux est une femme trans, a qualifié Rowling de « perdante haineuse ». La comédienne Nicola Coughlan (Bridgerton) et l’acteur Wil Wheaton (Star Trek) ont annoncé qu’ils ne regarderaient pas la série. Le mouvement gagne les coulisses : en août, les réalisatrices Ally Pankiw et Kate Herron (Loki) ont révélé avoir refusé de travailler sur le projet, rapportent nos confrères de Variety. L’autrice, elle, balaie ces campagnes : face à un précédent appel au boycott, elle disait avoir constitué « un large stock de champagne ».

HBO, de son côté, tient bon. Son patron, Casey Bloys, répète que Rowling, productrice exécutive, a été « très impliquée » dans le choix des scénaristes et réalisateurs, sans peser sur les recrutements. « J.K. Rowling a le droit d’exprimer ses opinions », a fait valoir la chaîne. Dès 2020, les trois vedettes des films, Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint, avaient pourtant pris leurs distances avec l’autrice.

Un reboot qui peine à convaincre

Au-delà de la polémique, c’est l’idée même de la série qui interroge. Beaucoup de fans disent ne pas comprendre l’intérêt de refaire une histoire déjà portée au cinéma il y a une quinzaine d’années à peine, et le premier teaser avait été moqué pour sa ressemblance avec les films. Même Chris Columbus, réalisateur des deux premiers longs-métrages, s’est dit sceptique : en découvrant des photos de tournage, il a confié s’être demandé « à quoi bon ? », résumé The Hollywood Reporter. Le choix de confier le rôle de Rogue à l’acteur britannique d’origine ghanéenne Paapa Essiedu a par ailleurs relancé un débat sur la fidélité aux romans.

Le contexte n’aide pas : la « pottermania » paraît s’essouffler. Le dernier film de l’univers, Les Animaux fantastiques : Les Secrets de Dumbledore, avait signé en 2022 le pire démarrage de la franchise. HBO a d’ailleurs revu ses ambitions à la baisse, renonçant à diffuser une saison par an comme prévu. Reste à savoir quel accueil le public réservera, à Noël, à ce Poudlard nouvelle génération, entre nostalgie, lassitude et appels au boycott.