Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Encouragée par l’une de ses élèves, Laetitia Padovani, devenue cheffe du service oncologie de l’hôpital de la Timone, convaincue que cette activité physique pourrait avoir des bienfaits sur ses patients et qui a fait germer ce projet, Mélanie Paolettoni, danseuse et chorégraphe professionnelle s’est lancée dans la dispense de cours de danse adaptée.
Le temps de cours de danse, les élèves mettent la maladie entre parenthèses. / Photo DR
Une activité pour laquelle elle s’est inscrite à l’Université de Poitiers pour suivre une une formation « sport et cancer » afin d’être qualifiée pour donner des cours de danse adaptés aux pathologies des patientes dans un cadre hospitalier. Très vite, l’initiative fonctionne. « On peut même dire que l’on est victime de notre succès, confie Mélanie Paolettoni. Tous les cours sont complets et nous voulions proposer des cours hors des murs de l’hôpital pour les élèves en rémission ou tout simplement pour pouvoir libérer des places sur les créneaux qui nous sont attribués à l’hôpital. »
« Cantona, un mec extra »
Problème, si elle est soutenue financièrement dans le cadre hospitalier par Phocéo, fonds de dotation de l’AP-HM et l’association Espoir au sommet, l’association Giovanni, qui utilise la création artistique comme une arme contre la stigmatisation et l’exclusion liées à la maladie, se retrouve sans moyens pour mener cette opération d’autant que, contexte électoral oblige, il lui est difficile de solliciter des subventions. Qu’à cela ne tienne, une poignée d’élèves se mobilise pour lancer une campagne de financement participatif. « Je n’avais jamais fait de sport avant d’être malade, pose Fabienne. Mon médecin m’a dit que c’était la meilleure réponse contre mes douleurs. On nous enjoint à faire du sport, mais il y a très peu de structures susceptibles de nous accueillir. »
Relayée par La Provence, l’initiative interpelle Sylvie Soumagne, responsable Infrastructures et Maintenance à la Direction régionale Sud Est d’Indigo. Une phrase de Christine, l’une des élèves mobilisées, fait mouche : « Je préfère mourir vivante, que guérir morte. » Elle entre en contact avec Mélanie Paolettoni et, ensemble, elles défendent le dossier devant un jury de la Fondation Indigo qui a accordé le financement nécessaire pour une année de cours. « Lorsque j’ai été contactée, je n’en ai pas cru mes oreilles, confie Mélanie Paolettoni. Ça redonne confiance au genre humain. » Au-delà du financement, une table ronde sera organisée avec la Fondation Indigo à l’occasion d’Octobre Rose.
Formée à l’Université de Poitiers, Mélanie Paolettoni propose des cours adaptés aux pathologies des élèves. / Photo DR
Si Jacques Chirac avait en son temps déclaré que « les emmerdes, ça vole toujours en escadrille », la réciproque est vraie pour les coups de pouce. Mises en relation avec Éric Cantona par le réalisateur Philippe Dajoux, Mélanie Paolettoni et plusieurs de ses élèves qui avaient porté la cagnotte participative ont profité de la tenue du Provençal, au parc Borély, pour le rencontrer. « C’est un mec extra, insiste Mélanie Paolettoni. Je pensais au départ que nous ferions simplement une photo. Mais il a pris le temps pour discuter avec nous et de nous poser des questions. Il nous a demandé si nous allions faire un spectacle. J’ai dans l’idée de monter une comédie musicale pour que chacun puisse tenir un rôle dans lequel il se sent à l’aise. » Le projet pourrait mêler adultes et enfants, puisque dans les prochaines semaines, des cours devraient être dispensés en service pédiatrie-oncologie.