Depuis le 1er septembre, visiter les musées municipaux de Strasbourg coûte plus cher. Le tarif plein passe de 7,50 à 9 euros, soit une hausse de 20 %, et le tarif réduit de 3,50 à 5 euros (+43 %). Le Musée zoologique pratiquait déjà un tarif de 9 euros. La nouvelle municipalité conduite par Catherine Trautmann justifie cette refonte par la nécessité d’augmenter les ressources propres du réseau et de financer les importants investissements qui l’attendent.

La grille des pass est également revue. Le Pass 1 jour passe de 16 à 20 euros et, plus fortement encore, de 8 à 15 euros au tarif réduit. Le Pass 3 jours, auparavant vendu 20 euros, disparaît. En contrepartie apparaissent un Pass Palais Rohan à 20 euros, donnant accès aux trois musées du palais et à la galerie Heitz, et des abonnements annuels : 45 euros pour une personne, 55 euros en duo et 110 euros pour quatre personnes, avec des tarifs préférentiels pour les habitants de la Collectivité européenne d’Alsace et de l’Eurodistrict.

La réforme met également fin à certaines gratuités. Les élus et anciens élus de Strasbourg et de l’Eurométropole ainsi que les agents de la collectivité doivent désormais acquitter le tarif réduit, sauf lorsqu’ils visitent un musée dans le cadre de leurs fonctions. Les principales mesures sociales sont en revanche maintenues : gratuité pour les moins de 18 ans, les demandeurs d’emploi, certains bénéficiaires de l’aide sociale, les personnes handicapées et leur accompagnateur, ainsi que le premier dimanche du mois.

La municipalité s’appuie notamment sur le rapport de la chambre régionale des comptes consacré aux musées strasbourgeois. Celle-ci relevait que le tarif de 7,50 euros se situait dans la tranche basse des musées municipaux comparables. En 2023, 55 % des entrées étaient gratuites et seulement 17 % effectuées au plein tarif, pour 1,55 million d’euros de recettes de billetterie. La chambre ne préconisait toutefois pas formellement une hausse : elle recommandait une étude afin de « rééquilibrer » la politique tarifaire en faveur des recettes destinées à la conservation et à la valorisation des collections. Elle jugeait par ailleurs injustifiées les gratuités accordées aux élus et agents.

Selon Les Dernières Nouvelles d’Alsace qui relaie l’information, Pierre Jakubowicz, adjoint à la culture, chiffre à environ 520 000 euros par an les recettes supplémentaires attendues. Elles doivent notamment contribuer à l’adaptation climatique de bâtiments souvent fragiles. Cet été, le Palais Rohan, le Musée de l’Œuvre Notre-Dame et l’Aubette ont dû fermer ponctuellement lorsque les températures dépassaient 35°C dans certaines salles.

Le changement de cap politique est notable. En septembre 2022, confrontée à l’envolée des coûts énergétiques et aux difficultés de personnel, Jeanne Barseghian avait préféré réduire temporairement les horaires d’ouverture. « Je me refuse d’augmenter les tarifs », expliquait alors la maire écologiste. La comparaison doit néanmoins être nuancée : c’est sous son mandat que le prix d’entrée était déjà passé de 6,50 à 7,50 euros en 2022. La nouvelle majorité va donc plus loin en faisant désormais explicitement de la billetterie l’un des leviers de financement de la rénovation du réseau.