Dans une vidéo postée sur le compte Instagram de son époux, Brigitte Macron, au 10 Downing Street, se demande où est Larry, le chat de la résidence des premiers ministres britanniques. Un animal qui n’a que faire du protocole, mais n’en est pas moins une célébrité.
Elle l’a cherché du regard, a peut-être incliné discrètement la tête pour scruter le dessous d’une chaise, le fond d’un canapé, mais il ne s’est pas montré. Dans une vidéo publiée le 3 septembre sur le compte Instagram d’Emmanuel Macron, on peut voir le couple présidentiel accompagné du premier ministre Andy Burnham et de son épouse dans un salon du 10 Downing Street. Et la première dame française s’interroger : «Juste un regret : Larry ? Où est le chat ?» Réponse d’Andy Burnham : «Il n’est pas disponible.»
Emmanuel Macron tente alors une plaisanterie : «J’espère qu’il n’est pas au British Museum». En effet, c’est là que le couple présidentiel s’est rendu, lundi 2 septembre, pour l’inauguration de l’exposition de la tapisserie de Bayeux, prêtée par la France. Et l’on ne peut qu’imaginer les dégâts considérables que le chat de la résidence des premiers ministres britanniques aurait pu infliger à la vénérable broderie du XIe siècle.
À lire aussi
De «Blind Date» au 10 Downing Street : qui est Marie-France van Heel, la nouvelle Première dame britannique ?
Pourtant, Larry est lui-même (presque) une antiquité : le chat, «attrapeur de souris en chef» (c’est son titre officiel) du 10 Downing Street, a 19 ans, âge duquel Andy Burnham, dans la vidéo, s’étonne encore. Adopté en 2011 dans un refuge, Larry a vu passer sept premiers ministres, de David Cameron à Andy Burnham en passant par Theresa May, Boris Johnson, Liz Truss, Rishi Sunak et Keir Starmer. Véritable célébrité, on l’a vu dans les bras de Barack Obama (le seul dirigeant à avoir eu ce privilège), s’incruster dans une très officielle photo de Theresa May recevant le couple Trump, ou s’apprêtant tranquillement à accueillir Volodymyr Zelensky au milieu d’un service de sécurité sur les dents.
Donald Trump et Melania Trump sont accueillis devant le n° 10 par Theresa May et Philip May. Et par Larry sur une fenêtre. (Londres, le 4 juin 2019.)
Justin Goff Photos/Getty Images
Soft power
Mais Larry est un chat, Larry fait bien ce qu’il veut. Brigitte Macron n’aura pas eu la chance de rencontrer la bête : pendant que les deux couples devisaient à l’intérieur de la résidence officielle, Larry prenait l’air, et surtout la lumière, devant les caméras du monde entier (dont celle du journaliste Alexandre Seale, qui a posté le résultat sur Instagram). Nonchalant (ce qui n’est pas toujours le cas : on l’a vu, pas plus tard que cet été, déposer une souris morte devant la porte), le chat s’offrait aux objectifs et cajoleries des journalistes, dédaignant leurs miaulements (ridicule) ou leurs questions («Que penses-tu de la tapisserie de Bayeux ?» – un bien beau griffoir, probablement) mais ne disant pas non à quelques caresses bien placées (en haut du dos, s’il vous plaît).
Quand Brigitte et Emmanuel Macron sont sortis pour, à leur tour, prendre la pose devant les caméras, Larry était déjà loin. Reste que c’est son évocation qui sert de «hook» (ces premières secondes d’un format vidéo, qui doivent capter immédiatement l’attention du spectateur) au résumé en images de la visite présidentielle. Un florilège de sourires, d’accolades et de conversations cordiales au son du Crocodile Rock d’Elton John et avec un titre, «Friendship actually», évoquant Love actually, comédie romantique se déroulant en partie au 10 Downing Street : même absent, «Larry the cat» est le personnage d’un scénario pop, redoutable outil de soft power diplomatique ayant sans doute récolté plus de «likes» que de souris. Qu’importe, Larry s’en fiche, Larry fait sa vie. Jamais où on l’attend, mais toujours là où il veut. L’apanage des grands de ce monde, dont il fait définitivement partie.