La concession de la tombe de Michel Rondet, située au cimetière du Crêt de Roc, était arrivée à échéance en 2023. Les Amis du musée de la Mine l’ayant repérée dans un état de dégradation préoccupant, les descendants de Michel Rondet ont accepté de confier cette sépulture à la ville de Saint-Étienne.
« Préserver le patrimoine, c’est transmettre »
Les travaux de restauration qui se sont élevés à quelques milliers d’euros, ont permis de stabiliser la dalle, d’entretenir la stèle et sa barrière, de repeindre les lettres gravées. Un travail essentiel pour préserver un lieu de recueillement et de transmission que le service Ville d’art et d’histoire intégrera dans ses parcours de visites guidées. « Préserver le patrimoine, c’est transmettre. Une ville se construit autour des hommes et des femmes qui l’ont faite, explique Régis Juanico, maire de Saint-Étienne. Cette mémoire d’une ville minière, ouvrière et syndicaliste, doit être entretenue et perpétuée », martèle le premier magistrat.
Né en 1841, Michel Rondet descend au fond de la mine dès l’âge de 12 ans et expérimente la rudesse des conditions de travail des gueules noires. Son engagement syndical commence dès 1868 lorsqu’il soutient un collègue licencié. Il prend part aux manifestations et poursuit la lutte tout au long de sa vie. Pionnier de la solidarité minière, il fonde la société de secours mutualiste La Fraternelle et participe à la création de la Fédération nationale des mineurs de France. Devenu le porte-voix des travailleurs, il influence l’élaboration de lois sociales, notamment l’interdiction du travail de nuit pour les enfants. Il siège également comme conseiller municipal à Saint-Etienne.
Lors de l’enterrement de Michel Rondet, Jean Jaurès avait déjà souligné la portée de son œuvre, un parcours que l’on peut résumer par une expression : « Pas de droit sans lutte ». En restaurant cette sépulture, la municipalité et l’association des Amis du musée de la Mine saluent la mémoire de tous les mineurs du bassin stéphanois.