Inconnu il y a encore douze mois, Léo Amettla, môme de Port-Saint-Louis-du-Rhône, a réalisé un exercice passé au-delà des espérances. Dans la continuité, le pilier gauche est attendu titulaire à Bayonne.

Sur la rade, la mêlée est une ode et les piliers en sont les poètes. En plus d’un siècle, la formation toulonnaise a fait éclore des clients redoutés dans l’Hexagone. Dans cette longue lignée, Léo Ametlla a montré le bout du nez. Pour sa première saison chez les professionnels, le pilier gauche est apparu à vingt reprises avec les Rouge et Noir : « Pour dire la vérité, je ne m’y attendais pas et j’ai été surpris de jouer autant. L’intersaison m’a permis de savourer la saison que j’ai vécue individuellement. J’en suis très fier. » Taiseux de nature, leader par l’exemple, l’ex-capitaine des Espoirs a convaincu son staff de lui donner un plus grand rôle cette saison.

Ametlla se voit sur le « long terme » au RCT

Il a grimpé dans la hiérarchie, puisque le club varois n’a pas remplacé Brennan : « Je l’ai pris comme un bon message. Depuis plusieurs années, le club m’a toujours montré de la confiance. Je me devais juste de bosser et de croire plus en moi. Je pense avoir saisi ma chance. J’ai envie de montrer qu’ils ont fait le bon choix et cela passe par de bonnes prestations. »

Avec l’incertitude concernant Gros (mollet) et l’absence de Priso (tendon d’Achille), l’homme de 22 ans a de grandes chances de débuter à Bayonne. Une chose rare pour l’habituel finisseur (15 entrées en jeu) : « Ça m’excite et je me languis d’y être. Il y a une petite pression aussi de confirmer ce que j’ai pu faire. (Je sais que c’est un rôle différent et j’ai encore beaucoup de boulot devant moi pour passer un nouveau cap. À mon sens, la mêlée reste le plus important. J’ai été plutôt bien, mais j’ai vraiment envie de valider ce secteur cette saison. Il faudra aussi amener dans le jeu : bien se déplacer, gagner des duels. Je dois être bien plus dur sur l’homme. »
En « apprentissage », dans le sillage du « grand-frère Jibé (Gros, N.D.L.R.) », l’intéressé arrive aussi dans une période charnière avec une fin de contrat en 2027. « Sans hésiter, je me projette au RCT. Vous savez, avant de jouer, j’ai été supporter du club. Je vais tout faire pour être bon et rester le plus longtemps possible. J’espère que ça sera rapidement possible. En ce moment, il y a des discussions, mais Toulon est le club de mes rêves (sourire). » Il pourrait en assouvir un autre en jouant, d’ici quelques années, avec son petit frère Thomas qui a rejoint les catégories de jeunes. Sur la rade, vous l’avez compris, on n’a pas fini de prononcer le nom Ametlla.