Depuis le 15 août 2026, une chaîne barre l’entrée des portiques de lavage automatique de la station Bréal Lavage, à Bréal-sous-Montfort, au sud de Rennes. Comme pour la quasi-totalité des centres de lavage d’Ille-et-Vilaine, sa gérante, Corinne Bougeard, a été contrainte de stopper son activité au lendemain du passage du département en état de crise sécheresse. Un arrêté préfectoral qui induit l’interdiction, pour les particuliers et les professionnels, de laver son véhicule chez soi, mais aussi via ces équipements.

Alors depuis plus de trois semaines, l’activité de Corinne Bougeard est au point mort. « Aujourd’hui, je n’ai aucune rentrée d’argent, mais je paie toujours mes factures. Le risque est réel pour la survie de mon entreprise. Je ne dors plus la nuit car nous n’avons aucune visibilité sur la réouverture. L’arrêté est censé prendre fin le 31 octobre, mais on ne voit pas la pluie. On navigue à vue. »

300 000 € d’investissements pour intégrer le recyclage d’eau

Si certains véhicules professionnels (engins agricoles, véhicules vétérinaires ou techniques) bénéficient d’une dérogation pour raisons sanitaires, « ils ne font pas partie de ma clientèle qui est constituée presque exclusivement de particuliers ». Corinne Bougeard gère également, à quelques mètres de ses portiques, une laverie automatique. « Mais elle représente tout juste 20 % de mon chiffre d’affaires global. Ça ne suffit pas pour couvrir mes charges fixes de 15 000 € par mois ».

Car en 2025, la Bréalaise a lourdement investi, 300 000 € à parts égales avec le propriétaire du terrain, pour moderniser ses installations. « Nous avons entièrement refait la station. On a installé un système de recyclage d’eau, des panneaux photovoltaïques et on récupère l’eau dans le sol via un puits qu’on a fait installer. L’eau que l’on récupère n’est pas reliée au réseau public. L’objectif était à la fois économique et écologique. »

Déjà fermée en 2022

Des travaux d’aménagement qui lui permettent, aujourd’hui, de recycler 70 % de l’eau qu’elle consomme dans son centre de lavage. « Je consomme 60 m3 d’eau par semaine, contre plus de 130 auparavant. » Alors qu’elle avait déjà dû fermer sa station de lavage lors de la sécheresse de 2022, elle espérait passer entre les gouttes cette année. « On nous demande de faire des efforts, on les fait, mais ça ne suffit pas. Et on ne reçoit aucune aide en compensation. Aujourd’hui, je suis en colère ». La gérante bréalaise a déposé une demande de dérogation le 20 août, « mais je n’ai pas eu de réponse, alors que d’autres ont été autorisés à ouvrir ». C’est le cas d’American Car Wash, route de Lorient, qui bénéficie « d’un système de recyclage d’eau à 100 % », indique Axel, l’un des salariés de l’entreprise.

Contactée, la préfecture d’Ille-et-Vilaine n’a pas été en mesure d’apporter des précisions sur ces dérogations avant la parution de cet article.