Alors qu’il prévoit de vendre près de la moitié du capital de la compagnie aérienne nationale, le gouvernement portugais choisit d’ouvrir des négociations avec les acheteurs potentiels pour obtenir des propositions améliorées.

Le gouvernement portugais a annoncé vendredi avoir décidé d’ouvrir des négociations en vue de la privatisation d’une partie du capital de la compagnie aérienne TAP Air Portugal à la fois avec le groupe Air France-KLM et avec l’allemand Lufthansa.

Les offres déposées fin juillet par les deux concurrents ont fait l’objet d’une « évaluation globale très proche » qui mérite un « effort de négociation » en vue d’obtenir des « propositions améliorées », a expliqué le ministre porte-parole de l’exécutif, Antonio Leitao Amaro, à l’issue d’un conseil des ministres.

L’opération, qui doit se conclure dans les semaines à venir, prévoit la vente de jusqu’à 49,9% du capital de TAP, dont 5% réservés aux salariés. Air France-KLM a aussitôt réagi en affirmant que sa participation à cette nouvelle phase reflétait son « intérêt constant et résolu » pour cette opération.

« L’offre d’Air France-KLM soumise le 29 juillet dernier prend la forme d’un plan stratégique couvrant l’ensemble des activités de TAP, transport de passagers, fret, programme de fidélité et maintenance aéronautique », a précisé le groupe dans un communiqué.

Nationalisation en urgence en 2021

La compagnie aérienne TAP Air Portugal a enregistré une perte nette de 59,3 millions d’euros au deuxième trimestre, contre un bénéfice de 38,3 millions d’euros un an plus tôt, pénalisée par la montée du prix du carburant. Sa privatisation intervient à la suite de sa nationalisation en urgence, en 2020, pour faire face aux conséquences de la pandémie de Covid-19.

En contrepartie d’une aide publique de 3,2 milliards d’euros, la compagnie a dû mettre en œuvre un plan de restructuration lancé en 2021 sous l’égide de la Commission européenne.

Premier transporteur européen pour les les liaisons vers le Brésil, TAP Air Portugal compte quelque 7.700 salariés, dont 1.200 pilotes, et exploite une flotte d’une centaine d’avions Airbus.