L’association 40 millions d’automobilistes s’était insurgé de cette « pompe à fric », sans « aucune vertu pédagogique ». Installé fin août au niveau de la porte de Montreuil, sur le périphérique parisien, un radar de chantier flashait à tout-va les automobilistes roulant à plus de 30 km/h sur une portion du boulevard en travaux. « Dix-huit flashs en quatre minutes » avait comptabilisé l’association. La déléguée interministérielle à la Sécurité routière annonce ce vendredi sa neutralisation.

« Dès le début » de « grosses difficultés techniques » se sont présentées, Estelle Balit, le radar fonctionnant par intermittence. « Très rapidement, il a été décidé de neutraliser les productions de procès-verbaux, le temps d’expertiser ce qui n’allait pas », poursuit-elle De son côté, le procureur de la République a annulé l’ensemble des procès-verbaux déjà établis. Les flashs ont en revanche été maintenus pour « un effet pédagogique ».

Outre les radars embarqués et les radars fixes, la France compte un parc d’environ 700 radars chantier, parmi lesquels 500 sont installés actuellement. Ils sont « toujours implantés avec des panneaux préalables » car le but n’est « absolument pas de piéger » mais « d’attirer l’attention sur une zone de danger », argumente Estelle Balit. La recette des radars, tous types confondus, a rapporté 965 millions d’euros en 2023, et 889 millions d’euros en 2024, selon des données officielles. Une grande part est reversée à la lutte contre l’insécurité routière.

Pour autant, la menace rode toujours et les verbalisations, visiblement seulement retardées. « Des travaux et discussions sont en cours entre les services de l’État et la Ville de Paris pour identifier un nouveau point d’implantation pour le radar et stabiliser son fonctionnement », évoque TF1, citant la préfecture de police.