Après le report de deux rendez-vous, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a reçu les syndicats de police, ce vendredi 4 septembre, pour évoquer grilles salariales, conditions de travail, moyens mis à disposition… Une rencontre avec, en toile de fond, la réforme du corps de conception et de direction du mois de juin (1 350 € pour les commissaires de police), dénoncée entre autres par le syndicat Un1té.

« Une grille de 32 échelons de 18 mois chacun, que personne n’atteindra jamais, puisque pour aller du pied au haut de grille, il faut… 48 ans », avait toutefois nuancé le syndicat des commissaires de police, en réponse à Un1té. 

Vendredi, la rencontre avec le ministre de l’Intérieur n’a pas fait redescendre la colère de la base, « celles et ceux qui tiennent l’institution au quotidien et la République à bout de bras », martèle David Didier, secrétaire départemental d’Un1té. 

« Aucune avancée concrète »

Lui et son adjointe Karine Vandionant ainsi que Maud B., déléguée zonale adjointe Un1té pour les personnels administratifs, techniques et spécialisés (PATS), comptaient parmi la vingtaine de policiers rassemblée vendredi à midi, devant l’hôtel de police de Nancy. Pour un jet de menottes symbolique.

Le reflet de leur mécontentement à l’issue d’un rendez-vous ministériel qualifié de « décevant, qui n’a débouché sur aucune avancée concrète » et d’un « énième épisode où les policiers, agents administratifs, techniques, spécialisés ou scientifiques qui font fonctionner ce ministère ont été traités avec mépris », souligne Un1té.   

« Il n’y a pas d’argent pour la base, mais il y en a pour le plus haut corps de la profession ! », déplore David Didier, « alors qu’on manque de moyens humains, matériels et que nous tournons en conditions de travail dégradées. Mercredi matin à 6 h 30, il n’y avait que deux patrouilles au programme pour assurer la sécurité de 20 communes », relève-t-il.

Même si, dans les heures qui suivent, les effectifs rationalisés montent en puissance avec la prise de service d’autres unités. Le syndicat Un1té annonce l’entame d’un bras de fer « pour se faire entendre ».