Le tribunal administratif de Toulon s’est penché ce vendredi matin sur deux recours formés contre les résultats des élections municipales de Six-Fours-les-Plages remportées en mars 2026 par Frédéric Boccaletti. Le député RN avait fini la course en tête (50,06 %) avec seulement 21 voix d’avance sur le maire LR sortant Jean-Sébastien Vialatte.
Le rapporteur public, chargé de livrer une analyse juridique, s’est prononcé pour une modification du résultat du second tour en réintégrant, au bénéfice de Jean-Sébastien Vialatte, trois bulletins déclarés nuls lors du dépouillement. Avec un écart réduit à 18 voix, le maire conserverait donc son écharpe.
Les trois bulletins « repêchés » comportaient des traces d’encre ou des déchirures qui ne relèvent pas « d’une manœuvre particulière qui aurait eu pour conséquence de faire douter du vote des électeurs ». Le tribunal rendra son jugement d’ici au vendredi 11 septembre, a annoncé le président de l’audience.
Le rapporteur public a écarté tous les autres griefs portés par les requérants – parmi lesquels Jean-Sébastien Vialatte. Outre les bulletins nuls qui auraient été injustement écartés, leur « protestation électorale » pointe aussi deux publications sur la page Facebook de Frédéric Boccaletti qui auraient, selon eux, entaché la sincérité du scrutin.

Dans le viseur des « protestataires » : un photomontage présentant le maire sortant aux côtés de Marine Tondelier et de Jean-Luc Mélenchon, et un message sibyllin susceptible de mettre en cause la probité de l’édile (qui n’a pas porté plainte pour diffamation).
« Je pense que cette accusation a eu un impact sur les votants », a déploré l’avocate des requérants. « Dans le cadre d’une élection où l’écart de voix est de moins de 1 %, il faut que les élections soient parfaites. Et là, à mon sens, ce n’est pas le cas. »
« Si l’attaque politique paraît exagérée, inélégante ou déplacée, elle ne nous apparaît pas pour autant irrégulière, d’autant plus que Monsieur Vialatte a eu le temps nécessaire pour y répondre », a cependant balayé le rapporteur public.
Une union « cocasse » contre le recours de la gauche
Le tribunal administratif a également examiné un recours contre les opérations de vote du premier tour porté par Philippe Comani, candidat sur la liste conduite par Pascal Cabras (PCF), éliminée de justesse. Seize voix ont manqué pour une qualification de la gauche au second tour.
L’essentiel des reproches cible la campagne de Jean-Sébastien Vialatte. Utilisation d’une photothèque municipale, erreurs sur des listes d’émargement… La protestation électorale fait feu de tout bois pour arracher une annulation du premier tour, et par effet domino celle du second qui a consacré Frédéric Boccaletti.
De quoi générer « une situation un peu cocasse », selon l’expression du rapporteur public, puisque la défense de Frédéric Boccaletti a dû prendre celle de son adversaire Jean-Sébastien Vialatte pour éviter ce scénario…
Sur le fond, le rapporteur a estimé que « les quelques petites irrégularités soulevées [sont] sans incidence ». Et de conclure : « Et finalement M. Boccaletti obtient une légitimité supplémentaire à son élection dans le rejet [du recours de la liste de gauche] que nous vous proposons ».