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Le Journal en français facile.
Diane Berger.
La Russie a, de nouveau, attaqué Kiev, la capitale ukrainienne, cet après-midi. Et, cette fois-ci, sa cible n’est pas n’importe quel bâtiment : un drone a touché le bureau du chef des services de sécurité ukrainiens.
J-2 avant des élections surveillées de près en Allemagne, dans la région de Saxe-Anhalt. Le parti d’extrême droite AFD pourrait y gagner le pouvoir et les habitants d’origine étrangère y sont inquiets. Reportage dans quelques instants.
Et des champs jaunes, ravagés par la sécheresse, des animaux d’élevage qui ont souffert de la chaleur : l’été a été rude pour de très nombreux agriculteurs français. Le gouvernement lance un grand plan d’aide de 1 milliard d’euros.
On commence, donc, ce Journal en français facile avec cette attaque russe en Ukraine. Un drone a touché le QG du service de sécurité ukrainien à Kiev, cet après-midi. Bonjour, Mélissa Barra.
Bonjour.
Même après plus de quatre ans de guerre à grande échelle de la Russie contre l’Ukraine, l’armée russe touche rarement un bâtiment gouvernemental. Et celui qui a été ciblé aujourd’hui, c’est le centre des opérations spéciales que Kiev mène contre Moscou.
Le chef du service de sécurité ukrainien, Oleksandr Poklad, était visé par un drone russe. C’est ce qu’a affirmé sur le réseau Telegram le président, Volodymyr Zelensky. Selon les médias ukrainiens, Oleksandr Poklad ne se trouvait pas à son bureau au moment de l’attaque, survenue en plein après-midi. On ne sait pas, à ce stade, si, parmi les sept blessés, se trouvent d’autres membres du SBU – la centrale de contre-intelligence –, située dans le centre de Kiev. Depuis deux de ses fenêtres, en tout cas, s’échappait de la fumée noire épaisse. On considère que cette agence est au cœur des différentes opérations que l’Ukraine a menées contre la Russie – des attaques, par exemple, contre des infrastructures d’énergie ou des assassinats contre [de] hauts responsables militaires. Volodymyr Zelensky dit avoir ordonné à ce même Oleksandr Poklad d’engager une réponse, je cite, « dès que possible et en miroir » avec celle subie par le SBU. Pour l’Ukraine, ce bombardement reflète un rejet de la diplomatie de la part des Russes. [Il] intervient deux jours avant la toute première visite à Kiev de l’envoyé spécial des États-Unis, Steve Witkoff, et de Jared Kushner, le gendre du président Donald Trump.
Mélissa Barra, du service international de RFI.
L’extrême droite pourrait-elle gagner le pouvoir, dimanche, dans l’une des régions d’Allemagne ? Ça n’a pas eu lieu depuis la Seconde Guerre mondiale. Les électeurs votent dans deux jours dans le land de Saxe-Anhalt. Et, le parti favori, c’est l’AFD, le parti prorusse et contre l’immigration. Les sondages préoccupent les habitants d’origine étrangère rencontrés par notre correspondant, Pascal Thibaut, dans la ville de Halle.
« On fait des conférences avec les élèves, qui m’ont toujours posé la question : est-ce que vous pensez que nous pouvons rester encore dans ce pays ? »
Karamba Diaby vit à Halle, en Saxe-Anhalt, depuis environ 40 ans. Ce Sénégalais d’origine a été député social-démocrate au Bundestag durant douze ans. Sa permanence de député a, dans le passé, été attaquée et, lui aussi, a été la cible de l’extrême droite. Le Camerounais Hermann, lui, n’a jamais été attaqué, mais s’inquiète malgré tout.
« On a souvent observé que ceux qui appartiennent à ce parti politique ont, généralement, des tendances un peu plus violentes envers des étrangers. »
La communauté étrangère s’interroge, comme l’explique [Undra] Dressler, elle-même d’origine mongole. Elle dirige l’ONG Lamsa, qui fédère les organisations de migrants dans la région.
« Je déciderai après l’élection si je reste ou non. Je déciderai si je cherche ou non un nouvel emploi. Je verrai, après le 6 septembre, si j’ai un avenir dans la région. Je déciderai ou non de fonder une famille. »
Pour Karamba Diaby, pas question de partir.
« Moi, je pense qu’il faut rester ici et ne pas donner l’impression qu’il y a des personnes qui vont quitter ce pays. Ce serait un cadeau pour l’extrême droite. »
La population étrangère est, pourtant, essentielle pour le marché du travail, dans une région vieillissante. Le secteur de la santé en est un exemple. Cette tendance va aller en s’accroissant. Pascal Thibaut, Halle, RFI.
RFI où on consacrera deux éditions spéciales à ces élections, dimanche soir et lundi, dans notre matinale.
Plus au sud de l’Europe, les obsèques de Ratko Mladic, le boucher des Balkans, vont avoir lieu lundi matin, à Belgrade – la capitale serbe. C’est son fils qui vient de l’annoncer. Des funérailles nationales pour le criminel de guerre, mort en prison, à La Haye. Les honneurs qui lui sont faits provoquent la colère de Bruxelles. La commissaire en charge de l’élargissement de l’Union européenne a annulé son voyage prévu la semaine prochaine en Serbie. On le rappelle, Ratko Mladic était en prison, notamment pour génocide et crimes contre l’humanité, commis pendant la guerre de Bosnie, entre 1992 et 1995.
« Crime contre l’humanité » : c’est aussi le mot employé, aujourd’hui, par le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme. Il dénonce un possible « nettoyage ethnique » en Cisjordanie occupée, lors du déplacement forcé de plus de 33 000 personnes qui vivaient dans trois camps du territoire palestinien, à Jénine, Tulkarem et Nour Shams. C’était au début de l’année 2025, dans le cadre de l’opération Mur de fer, 48 heures après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu à Gaza.
Il y a, désormais, au moins 120 morts au Yémen, où les Houthis – le groupe allié de l’Iran – ont lancé, hier, une attaque contre les forces gouvernementales. D’après les troupes du gouvernement, les Houthis veulent prendre le contrôle des zones qui entourent le détroit de Bab el-Mandeb. S’ils y arrivent, ce serait une très mauvaise nouvelle pour le commerce mondial, car c’est l’un des points de passage stratégiques pour relier l’Asie, l’Afrique et l’Europe.
Le Journal en français facile.
Il n’a jamais fait aussi chaud à cette période de l’année en Espagne. Un nouveau record de température a été battu : 45,7 °C, hier, à El Granado, dans le sud-ouest du pays. L’agence météorologique espagnole l’a annoncé il y a quelques heures. Du jamais-vu pour le mois de septembre. Nouveau signe du changement climatique et de ses effets, nombreux, cette année, dans le sud de l’Europe. Canicules, sécheresses, incendies : la France a, également, souffert et les conséquences sont lourdes pour les agriculteurs. Des dizaines de milliers de fermes sont menacées. Et, pour les soutenir, le gouvernement français dévoile un grand plan d’urgence de plus de 1 milliard d’euros. Pierre Olivier.
À été exceptionnel, plan d’urgence exceptionnel. 1 100 millions d’euros débloqués, principalement en faisant de nouvelles économies dans d’autres secteurs. Annie Genevard, ministre de l’Agriculture.
« Plus de 1 milliard d’argent public. C’est un effort très conséquent. C’est un effort que consent chaque Français pour son agriculture. C’est ça, l’enjeu, aussi, c’est la souveraineté alimentaire. Il faut produire de l’alimentation. »
Une exploitation agricole sur dix est menacée de disparition en France. Alors, en plus du milliard mis sur la table par l’État, le gouvernement appelle toute la nation à être solidaire avec les agriculteurs.
« C’est le consommateur, quand il achète des produits français et qui accepte d’acheter des légumes et des fruits qui sont pas tout à fait calibrés comme il en a l’habitude. C’est la distribution, qui accepte de contenir l’augmentation des prix. C’est le système bancaire, qui doit, évidemment, faire des efforts en la matière. C’est le système assurantiel, également. Donc, c’est un effort considérable de l’ensemble de la société française pour le soutien à nos agriculteurs. »
Les agriculteurs estiment que cette mesure va dans le bon sens. Mais le principal syndicat de la profession, la FNSEA, chiffre le coût des aléas climatiques de l’été pour l’agriculture à 5 milliards d’euros.
Les agriculteurs reçoivent, donc, un coup de pouce face au changement climatique. Au même moment, les écoles, elles, vont avoir moins d’argent que prévu pour rénover leurs locaux et mieux isoler les classes face aux températures extrêmes. On l’a appris aujourd’hui. Le grand plan annoncé fin juin par le gouvernement devait être de 136 millions d’euros : il a été amputé – c’est-à-dire réduit – de 40 millions.
Enfin, la tapisserie de Bayeux a été très légèrement endommagée lors de son voyage à travers la Manche. La ministre française de la Culture évoque la rupture de deux fils sur cette grande broderie du XIᵉ siècle, longue de 70 mètres. Mais il n’y a pas plus de dégâts, selon elle. La tapisserie va être exposée au public à partir de jeudi prochain au British Museum de Londres, dans le cadre d’un prêt exceptionnel.
C’est la fin de ce Journal en français facile.
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