Philippe Simon présentera une conférence au Pavillon de Ouistreham (Calvados), mardi 8 septembre 2026, intitulée Les Nymphéas de l’Orangerie et l’amitié entre Claude Monet et Georges Clemenceau. Philippe Simon est conférencier et auteur du livre « Le miroir des eaux selon Monet », paru aux Ateliers Henry-Dougier (130 pages – 14,90 €).
Racontez-nous l’amitié qui liait Georges Clemenceau et Claude Monet ?
Cette amitié profonde s’est nouée entre ces deux grandes figures, l’un dans le domaine politique, l’autre dans celui de l’art. Ils partagent notamment le même amour de la peinture : le père de Clemenceau peignait et lui-même aurait aimé pratiquer cet art.
Monet était, en quelque sorte, le pinceau que Clemenceau ne pouvait pas tenir, tandis que Clemenceau représentait le roc dont le peintre avait besoin. Comme le dira le peintre : Clemenceau ne m’a jamais manqué, il a toujours été là.
Leur relation, faite d’admiration, de complicité mais aussi de franchise, se traduit aussi par des échanges teintés d’humour. Clemenceau dira ainsi de Monet : Chaque homme dans sa vie doit recevoir un certain nombre de coups de pied. Vous, on a l’impression que vous en demandez encore.
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Qu’est-ce qui explique la force de leur relation ?
Leur relation repose sur de nombreuses similitudes. Ils partageaient notamment le même rejet des honneurs et des académies. Ils appréciaient également les plaisirs simples de la vie, comme la bonne chère, et aimaient se retrouver.
Au fil des années, ils ont ainsi découvert de nombreux autres points communs qui ont contribué à la solidité et à la longévité de leur amitié.
Comment cette amitié a-t-elle joué un rôle majeur et plutôt méconnu ?
Le 12 novembre 1918, juste après l’armistice, Claude Monet écrit à Georges Clemenceau : Je viens de terminer de grandes décorations et je souhaite en offrir deux à l’État pour fêter la victoire. Il s’agit des Nymphéas, sur lesquels Clemenceau sait que le peintre travaille depuis plusieurs années.
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Clemenceau se rend alors à Giverny mais estime que deux panneaux ne suffisent pas. Il se mobilise pour que les panneaux réalisés par Monet trouvent un lieu à la hauteur du projet. Son choix se porte sur l’Orangerie. Huit grands panneaux sont finalement installés dans deux salles ovales, spécialement aménagées selon les souhaits de Monet.
Le peintre imagine un espace baigné d’une lumière naturelle zénithale, tamisée par un vélum afin d’en adoucir l’intensité. Clemenceau accepte toutefois une condition posée par Monet : les œuvres ne quitteront Giverny qu’après la mort du peintre, qui s’éteindra le 5 décembre 1926.
Mardi 8 septembre 2026, conférence à 17 h 30, au Pavillon, 11, rue des Arts, à Ouistreham. Gratuit !