Une « rupture de deux fils » a été constatée sur la tapisserie de Bayeux après son transfert à Londres, sans toutefois que l’état général de cette broderie du XIe siècle en soit altéré, a déclaré vendredi la ministre française de la Culture Catherine Pégard à l’AFP. Une information qu’elle a confirmée cet après-midi à Paris Match.
Mi-juillet, la tapisserie a traversé la Manche au cours d’un trajet à hauts risques pour le chef-d’œuvre de près de 70 m de long. Elle a été acheminée au British Museum de Londres où elle doit être exposée au public à partir du 10 septembre dans le cadre d’un prêt historique décidé par le président français Emmanuel Macron.
Peu après son arrivée dans la capitale britannique, les premières constatations n’avaient relevé « aucune altération visible » sur l’œuvre, avait alors indiqué à l’AFP le ministère français de la Culture.
Réalisé par la suite par des experts français et britanniques, un constat d’état plus complet a confirmé « l’absence de dégradation majeure » tout en relevant de « petites ruptures légères sur deux zones », selon les premières conclusions révélées par le journal La Croix.
« On a signalé une rupture de deux fils sur 70 m de long d’une tapisserie », a confirmé Mme Pégard sur la radio RTL. « Alors c’est vrai qu’elle a été examinée avec une particulière attention, ça a pris beaucoup de temps puisque les experts l’ont examinée centimètre par centimètre ».
« Donc je peux vous dire qu’aujourd’hui, si on dit qu’elle est dans le même état en arrivant à Londres qu’elle était avant de partir de Bayeux, je crois qu’on ne se trompe pas beaucoup », a ajouté la ministre.
Contacté par l’AFP, le British Museum a souligné qu’il ressort du rapport d’experts que « l’état de la tapisserie est demeuré quasiment inchangé » entre son arrivée à Londres en juillet et des photographies prises en septembre 2025, avant son retrait du musée de Bayeux.
Des sueurs froides
Mais le musée précise que ce rapport « n’est pas définitif et doit encore être validé » par les équipes de conservation française et britannique. Le transfert historique depuis Bayeux, en Normandie (ouest), avait donné des sueurs froides à des experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient une dégradation irréversible de cette œuvre fragilisée par les années.
Mercredi, Emmanuel Macron s’est rendu à Londres pour visiter en avant-première, avec le roi Charles III et le Premier ministre Andy Burnham, l’exposition de la tapisserie de Bayeux et célébrer les liens entre les deux pays.
La tapisserie doit retourner en France en juillet 2027 pour regagner son musée de Bayeux où elle doit faire l’objet d’une restauration plusieurs fois repoussée.