Pour le réalisateur Tony Gatlif, disparu ce mercredi , l’Alsace, est « un peu le berceau de la musique manouche », confiait-il dans nos colonnes en 2001. Le septuagénaire laisse derrière lui un important héritage sur la culture gitane de France et a marqué le territoire alsacien de son empreinte. Comme à travers le tournage de plusieurs de ses œuvres telles que Je suis né d’une cigogne , long-métrage sorti en 1998. « Je me souviens l’avoir croisé à Barr, je n’en revenais pas », se souvient le musicien compositeur guitariste manouche alsacien, Engé Helmstetter. L’artiste rend un hommage ému à ce personnage « très important de la culture tzigane, un des seuls à l’avoir mise au cœur de son travail ».
Raconter l’histoire complexe et diverse de son peuple à travers sa musique et son esthétique, tel a été le travail du réalisateur. Pour cela, Tony Gatlif a fait jouer dans ses films des membres de la communauté, comme dans Swing , tourné en 2001 à Lucelle dans le Sundau et à Strasbourg.
Le film raconte l’histoire d’un garçon passionné de guitare jazz manouche découvrant l’amitié et une autre culture. Pour raconter cette histoire, mais aussi celle de l’holocauste vécu par les gens du voyage, le réalisateur a confié à Tchavolo Schmitt et à Mandino Reinhart, deux célèbres guitaristes alsaciens de jazz manouche, la tâche de jouer leur propre personnage.