- L’extrême droite allemande devrait remporter les élections régionales ce dimanche en Saxe-Anhalt, un Land à l’est du pays.
- Expulsion des migrants, interdiction du drapeau LGBT+, modification des programmes d’histoire à l’école… Le parti veut des changements radicaux.
- Mais même si l’AfD remportait le scrutin, elle n’est pas certaine de diriger la région.
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« L’homme le plus dangereux d’Allemagne ». C’est par ces mots que l’hebdomadaire Der Spiegel a présenté Ulrich Siegmund, qui aspire à devenir dirigeant du Land de Saxe-Anhalt. Cet homme de 35 ans, figure du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), pourrait néanmoins s’installer à la tête de cet État régional d’ex-RDA de 2,1 millions d’habitants. Une première depuis 1945 pour un parti d’extrême droite.
« Dès la première minute » de sa potentielle entrée dans ses fonctions, Ulrich Siegmund veut ainsi expulser de Saxe-Anhalt les immigrés en situation irrégulière. Chantre de la famille traditionnelle, il promet d' »interdire l’affichage officiel du drapeau arc-en-ciel dans les écoles et veiller en revanche à ce que le drapeau national flotte tous les jours d’école dans les établissements publics ».
La nostalgie de la RDA
Comme l’éducation est du ressort des États régionaux en Allemagne, l’AfD compte aussi supprimer l’obligation de fréquentation de l’école, qui ouvrirait en particulier la voie à l’enseignement à domicile. Il pense également modifier les programmes d’histoire dans les écoles, trop centrés à son goût sur la culpabilité de l’Allemagne du IIIe Reich. Selon Der Spiegel, certains de ses collaborateurs ont d’ailleurs été très proches de la mouvance d’extrême droite radicale et néonazie.
Particulièrement radical, le programme de l’AfD a néanmoins su séduire les électeurs. Il devance de près de vingt points les conservateurs du chancelier Friedrich Merz : 40-43% contre 22-24%, selon les derniers sondages. Sa recette ? Jouer notamment sur la nostalgie de la RDA : ses sympathisants s’estiment en effet moins bien traités que leurs cousins de l’ouest ou les migrants.
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Des figures de l’AfD se sont par exemple affichées en Simson, des mobylettes iconiques de l’ex-Allemagne de l’Est. Cette tendance a vite suscité l’indignation de descendants de la famille juive fondatrice de la marque. « Il parvient à susciter un sentiment d’espoir en promettant que ‘tout est possible' », assène son principal adversaire, le conservateur Sven Schulze, 47 ans, qui est à la tête de la Saxe-Anhalt depuis mars après en avoir été ministre de l’Économie.
Reste à savoir si l’AfD arrivera à gouverner et à mettre en œuvre son programme. Pour cela, il lui faudrait obtenir la majorité absolue, chose très rare en Allemagne du fait du système électoral à la proportionnelle. Actuellement, sur les 16 Länder, seule la Sarre, dans l’ouest, est dirigée par un seul parti, le SPD (sociaux-démocrates).
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L’obtention de la majorité absolue par l’AfD en Saxe-Anhalt dépend du nombre des formations qui dépasseront le seuil de 5% des suffrages, la condition sine qua non pour entrer au Parlement régional. Par exemple, les Libéraux ou le parti de gauche prorusse BSW pourraient rester en dehors de l’assemblée régionale s’ils n’obtenaient chacun que 4%, ce qui ferait mathématiquement baisser le pourcentage de suffrages nécessaires à l’AfD pour accéder au pouvoir : 46% au lieu de 50%.
Jusqu’ici, tous les partis ont exclu de gouverner avec l’extrême droite, à l’exception du BSW, dont les membres sont partagés sur cette question. Et c’est grâce à ce cordon sanitaire contre l’AfD que le conservateur Sven Schulze pourrait rester au pouvoir : en constituant une coalition avec d’autres formations représentées au Parlement régional.

