Même s’il était déçu de la prestation des siens face à Brive, le manager agenais Mauricio Reggiardo ne voulait pas pour autant sombrer dans le catastrophisme. Pour lui, la thèse de l’accident peut être retenue.

Comment expliquez-vous ce lourd revers face à Brive ?

On a fait une première mi-temps catastrophique, rien n’a fonctionné. On est allés deux fois dans les 22 mètres de Brive, et c’était lors des deux coups d’envoi… On a perdu les trois premiers rucks, on a tombé des ballons. On a manqué de précision et on a subi. J’aurais signé pour être à 16-0 à la mi-temps, et cela n’aurait pas été cher payé. Malheureusement, sur les deux dernières minutes, on prend deux cartons jaunes et on tourne à 23-0. On ne pouvait pas faire pire. Il fallait jouer les dix premières minutes de la deuxième mi-temps sans prendre de points. On y est parvenus.

Poursuivez…

Après, on a essayé avec beaucoup de cœur et d’envie, mais sans rugby. Pas comme une équipe. Les gars en voulaient, mais individuellement. On finit la deuxième mi-temps à 14-14. C’est la première période qui n’a pas été digne. On avait identifié comment l’arbitre allait arbitrer, il a fait un très bon match d’ailleurs, mais on n’a pas su faire le nécessaire. On n’a pas été disciplinés, pas précis dans notre rugby. On a cependant été vaillants, sinon on aurait pris soixante points. C’est le constat.

Que faut-il faire désormais ?

Maintenant, il n’y a pas quarante mille solutions. Il va falloir aller de l’avant et montrer que c’était un accident. C’est vrai que le score était lourd la semaine précédente à Provence Rugby, mais on était dans le match. Là, il n’y a pas eu match. Si je dois me baser sur cette rencontre, je vais me dire que la saison va être dure. Après, si je pense à nos deux mois de préparation, ce match n’y ressemble pas.

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Dans quel état d’esprit avez-vous retrouvé votre groupe à l’issue de la rencontre ?

Comme j’ai dit aux joueurs, on va avoir trois semaines très compliquées. C’est là qu’on va voir le caractère de l’équipe, et à quel point on est soudés. Après, c’est un match de rugby, et la vie continue. On savait qu’on allait débuter par les deux plus grosses équipes du championnat. On ne s’attendait pas à cela, c’est sûr. Mais je vais demander un peu de patience aux gens. Il n’y a pas le feu. On a pris une belle claque, mais je n’ai même pas mis un genou à terre. On va rebondir. Dans une saison, ce genre de faux-pas peut arriver. Je m’étais engagé auprès des joueurs à tous les faire jouer dans le premier bloc. Je ne vais pas changer. On a tracé un chemin, on va le suivre tous ensemble. On va garder cet état d’esprit qu’on a depuis le début.

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Les deux premiers matchs amicaux étaient pourtant plutôt prometteurs…

Sur ces deux matchs, il y a tellement eu de bonnes prestations que cela nous a donné mal à la tête à nous, les coachs. On a vu qu’on avait un groupe plus homogène et qu’on pouvait faire un roulement. Mais, quand vous regardez les compositions de Brive et de Provence Rugby sur les deux premières journées, il y a eu très peu de changements. Ils ont mis des joueurs de la saison précédente pour avoir de la cohésion. Moi, j’ai trouvé, à tort, qu’on était déjà connectés, qu’on avait très bien intégré les nouveaux. Je suis le premier responsable. Là, contre Brive, il y avait douze joueurs sur quinze qui étaient là l’an dernier. Et pourtant, cela n’est pas allé. Après, on n’a pas oublié comment on joue au rugby.